Montréal, le 10 février 2019 – La Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) s’impatiente devant les délais d’adoption du règlement visant à ajouter un symbole sur le devant de l’emballage des aliments riches en sucres, en sodium et en gras saturés. « L’étiquetage sur le devant de l’emballage veut mettre en évidence une information utile pour le consommateur, en demandant un effort minimal de l’industrie. Pourquoi son adoption prend-t-elle autant de temps ? », questionne Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids. Déjà, la publication du règlement dans la Gazette 1 l’an dernier suivait plusieurs mois de consultations.

La pertinence de cette mesure est pourtant claire. Sachant que la décision d’achat est fortement influencée par le devant des emballages, l’ajout d’un symbole simple et toujours situé au même endroit à l’avant des aliments peu intéressants pour la santé aiderait le consommateur à prendre une décision plus éclairée plus facilement. « Actuellement, en se fiant au devant de l’emballage, on fait souvent fausse route, car l’industrie y présente uniquement des éléments positifs.  Le symbole aiderait à contrebalancer un peu le marketing », soutient madame Voyer.

Bien que le tableau de valeur nutritive donne accès à de l’information nutritionnelle neutre et balisée, il est complexe à comprendre pour plusieurs personnes. Avec le rythme d’aujourd’hui, il n’est pas non plus réaliste de le consulter pour chaque produit alimentaire sur les lieux d’achat. Le tableau de valeur nutritive ne suffit donc pas pour faire des choix éclairés en magasin. « Il est urgent d’aider les consommateurs à faire des choix plus sains, en leur permettant d’identifier en un coup d’œil les aliments dont la consommation doit être réduite », plaide Corinne Voyer.

Agir avant qu’il ne soit trop tard

Cette semaine, un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec démontrait que les aliments ultra-transformés riches en sucres, en sodium et en gras prennent trop de place dans l’alimentation, ce qui nuit à la santé. Avec 15 millions d’adultes en surpoids et près de la moitié de la population souffrant d’au moins une maladie chronique, le gouvernement fédéral a le devoir de soutenir davantage la saine alimentation des Canadiens.

Le lobby en cause du délai?

Le site Web de Santé Canada montre que l’industrie alimentaire a été très active pour freiner cette initiative d’étiquetage simplifiant l’analyse nutritionnelle des aliments et la comparaison entre les produits. « Comme plusieurs produits ultra-transformés sont riches en sucres et en sel à l’insu de certains consommateurs, l’industrie craint peut-être que le symbole va réduire l’attrait de leurs produits en dévoilant leur vraie nature. Le cas échéant, ils pourront toujours faire le choix d’améliorer leurs recettes pour échapper au symbole, et ce, au bénéfice de la santé de toute la population. Chose certaine, la santé des citoyens doit primer sur les intérêts commerciaux », conclut Corinne Voyer.


À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids
Créée en 2006 et parrainée par l’Association pour la santé publique du Québec depuis 2008, la Coalition québécoise sur la problématique du poids réunit près de 550 partenaires qui visent l’adoption de politiques publiques spécifiques à l’égard des problèmes reliés au poids. Elle agit pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé et la prévention des problèmes de poids. Pour plus de détails, cqpp.qc.ca.

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Corinne Voyer
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Coalition québécoise sur la problématique du poids
Cellulaire : 514 566-4605
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