Mémoire déposé dans le cadre des consultations prébudgétaires de 2015‐2016

Dans le cadre des consultations prébudgétaires 2015-2016, la Coalition Poids souhaite contribuer à la réflexion collective en partageant des recommandations prometteuses permettant de réduire les dépenses de l’État et ce, dans la perspective de l’atteinte de l’équilibre budgétaire.

Actuellement au Québec, les prévalences de surpoids et d’obésité sont alarmantes, tout comme les maladies chroniques y étant associées. Comme en témoigne une récente étude de l’Institut national de santé publique du Québec1, cela entraîne des coûts majeurs pour le système de santé et la société. Devant les importants défis d’ordres économique et démographique auxquels le Québec est confronté, il est impératif d’investir dans la prévention des maladies non-transmissibles comme le cancer, les maladies cardiovasculaires ou le diabète. Les estimations les plus conservatrices évaluent que l’obésité, à elle seule, coûte près de 4,3 milliards de dollars par an aux contribuables canadiens2. De plus, les risques pour le développement et l’économie sont tels qu’en 2011, l’Organisation internationale des Nations Unies (ONU) a consacré une réunion de haut niveau à la prévention et à la maîtrise des maladies chroniques.

Recommandations

Le gouvernement du Québec doit concevoir la prévention de l’obésité et des maladies y étant associées comme étant une priorité nationale. Soutenir la mise en place de politiques publiques et d’environnements favorables aux saines habitudes de vie nécessite des investissements significatifs afin d’enrayer l’escalade des coûts de santé d’une population vieillissante où la majorité des adultes sont en surpoids. Avec une telle prévalence, il est clair qu’il ne s’agit pas d’un problème strictement individuel.

Afin d’observer des progrès concrets en prévention de l’obésité et des maladies chroniques, réduire la pression sur le système de santé, permettre des économies substantielles à moyen et long termes et générer rapidement des revenus à investir en prévention, le gouvernement pourrait :

  1. instaurer une taxe sur les boissons sucrées, dont les sommes perçues seraient allouées à la prévention de l’obésité et des maladies associées;
  2. prévoir des investissements importants pour la prévention des problèmes liés au poids.

L’instauration d’une taxe sur les boissons sucrées est une mesure fiscale existant ailleurs dans le monde, notamment en France et au Mexique. Présentement, aux États-Unis, plusieurs états et villes envisagent sérieusement l’instauration de cette mesure fiscale. En novembre 2014, la ville de Berkeley, en Californie, a été la première à adopter cette taxe. Selon les études de cas, cette mesure permet de réduire l’impact d’un important contributeur à l’obésité et d’autres maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers et les problèmes de santé dentaire et osseux.

En somme, une taxe sur les boissons sucrées pourrait servir à éponger une part des coûts qu’engendre la surconsommation de boissons sucrées au Québec, en plus de permettre le financement d’activités de prévention de l’obésité.

1Institut national de santé publique du Québec (2015). Les conséquences associées à l’obésité et à l’embonpoint au Québec : les coûts liés à l’hospitalisation et aux consultations médicales. Repéré en ligne le 17 février 2015.

2Katzmarzyk PT & Janssen I (2004). The economic costs associated with physical inactivity and obesity in Canada: an update. Can J appl Physiol, 29 (1), 90-115.