Le 19 février dernier, la Coalition québécoise sur la problématique du poids dénonçait publiquement la campagne publicitaire du gâteau Igor de Vachon dans les centres de la petite enfance du Québec. Saisie de l’affaire, l’Office de la protection du consommateur (OPC) déposait par la suite 30 chefs d’accusation contre Saputo, et 15 chefs d’accusation contre son agence de publicité, P2P Promotion Publicité.

Cette décision survient alors qu’une foule d’études scientifiques établissent un lien direct entre le marketing, les habitudes alimentaires et les problèmes liés au poids. Un rapport récent de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme même que l’intensité du marketing constitue un facteur probable de l’épidémie d’obésité1. La décision de l’OPC s’inscrit aussi dans un contexte où près d’un enfant québécois sur quatre souffre de surpoids ou d’obésité, un taux similaire à celui qu’on observe présentement aux Etats-Unis.

L’importance de la publicité comme facteur aggravant de l’épidémie d’obésité confère une pertinence nouvelle au geste de l’OPC. Mais beaucoup de chemin reste à faire, comme le démontrent les propos de M. Pierre Parent, président de P2P Promotion Publicité, qui continue d’affirmer avoir agi selon les « règles établies ». L’article 12 du Code canadien des normes sur la publicité est pourtant limpide : « […] La publicité destinée aux enfants est interdite au Québec […] ».

Le simple fait de reconnaître l’existence de l’épidémie d’obésité n’est pas suffisant; il faut maintenant passer de la parole aux actes. L’industrie de la publicité est interpellée au premier chef en ce sens, puisque nos enfants et nos jeunes doivent pouvoir acquérir de saines habitudes de vie sans être influencés par la publicité.

En interdisant la publicité aux moins de 13 ans, la Loi sur la protection du consommateur constitue déjà un levier majeur pour maintenir un environnement qui facilite les choix santé. Souhaitons que les publicitaires et les annonceurs emboîtent désormais le pas et contribuent, eux aussi, aux efforts pour enrayer cette grave crise santé publique.

1 WHO, WHO European Ministerial Conference on Counteracting Obesity Conference Report, (2007), p 7, en ligne.

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Source :
Coalition québécoise sur la problématique du poids

Renseignements et entrevues :
Martine Painchaud
Porte-parole
Tél. : 514 844-0375