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Au cours des deux dernières semaines, l’Institut économique de Montréal a pris position sur la question de l’épidémie d’obésité sous la plume de Mme Nathalie Elgrably. Comme il arrive souvent, la position de l’IEDM se résume en fait à une politique de laisser-faire. Or, une question aussi grave que l’épidémie d’obésité ne peut souffrir l’indifférence.

Selon l’IEDM, la responsabilité première de l’adoption de saines habitudes de vie appartient d’abord à l’individu et aux parents dans le cas des enfants. Fort de cet argument, l’IEDM s’oppose donc à toute intervention visant à réduire l’offre de malbouffe pour faciliter les choix santé et incidemment réduire les maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires et respiratoires, hypertension, cancer, etc.) liées à l’obésité. Selon l’IEDM, de cette façon, l’individu retrouverait, alors « la propriété de son corps et la liberté de choisir son style de vie ».

Dans les faits, l’IEDM occulte l’un des aspects les plus importants et reconnus mondialement de l’épidémie d’obésité : les environnements obésogènes. Nous ne vivons pas dans un monde idéal où nous pouvons toujours faire des choix éclairés et assumés. Mais surtout, nous ne vivons pas dans un monde idéal où les choix santé sont proposés sur le même pied d’égalité que les aliments riches en gras, en sucre et en sel. Au contraire, l’ensemble de notre société – et particulièrement les jeunes – est directement visé par un intense marketing alimentaire. Nous sommes confrontés quotidiennement à une forte pression commerciale destinée à mousser la vente et la consommation de produits à faible valeur nutritive.

Pour ces raisons et bien d’autres encore, l’individu n’est pas en mesure d’exercer son libre arbitre, tel que le souhaiterait Mme Elgrably.

L’offre influence la demande par une pression intense et soutenue qui vise à orienter les choix des individus vers des options non santé, tant sur la plan de l’alimentation, que du transport ou des loisirs.

Si l’on accepte, comme l’IEDM, que la responsabilité première de l’adoption de saines habitudes de vie appartient à l’individu et aux parents, il faut définitivement intervenir pour éliminer les environnements obésogènes et favoriser le véritable exercice du libre choix.
Renseignement et entrevues :
Martine Painchaud, porte-parole
514 884-9448