Montréal, le 26 janvier 2009 – La Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) et l’Union des consommateurs se réjouissent que Saputo ait reconnu sa culpabilité à vingt-deux des trente chefs d’accusation de publicité commerciale illégale destinée aux enfants qui pesaient contre elle pour avoir fait la promotion de son gâteau Igor dans les garderies du Québec au début de 2007.

« C’est une belle victoire pour les enfants puisque la publicité de malbouffe fait partie des cinq principales raisons identifiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour expliquer l’épidémie d’obésité qui sévit ici et ailleurs dans le monde. Espérons qu’à l’avenir, le « cas Igor » servira de modèle et qu’il aura un effet dissuasif important sur l’industrie de la malbouffe et sur ses publicitaires », déclare Suzie Pellerin, directrice de la Coalition Poids.

Le dossier de la publicité aux enfants est au cœur des activités de la Coalition Poids. Depuis 2007, la Coalition s’est donnée pour mission d’exercer une surveillance constante de l’industrie alimentaire. Elle a ainsi publiquement dénoncé les pratiques de publicité destinée aux enfants de Burger King, McDonald’s et General Mills (dépositaire de la marque Lucky Charms), ce qui a donné lieu à des accusations par l’OPC dont les procès auront probablement lieu au cours de l’année.

Lors de leur entrée en vigueur, en 1980, les articles 248 et 249 de la Loi sur la protection du consommateur étaient tout à fait novateurs. « Ces dispositions de la loi sont citées en exemple partout dans le monde, mais l’Office de la protection du consommateur (OPC) n’a pas les ressources humaines et financières nécessaires pour jouer le rôle de surveillance qui lui a été confié », poursuit madame Pellerin. Rappelons qu’aucune poursuite n’avait été intentée à ce jour relativement à ces articles de la Loi.

Du côté de l’Union des consommateurs, qui avait dénoncé la campagne publicitaire des gâteaux Igor conjointement avec la Coalition Poids, Charles Tanguay, responsable des communications, dit espérer que cet épisode navrant en matière de publicité aura contribué à rehausser la vigilance des parents. Il invite ces derniers à se plaindre à l’OPC chaque fois qu’ils voient un pub qui cible les moins de 13 ans.

Cet événement coïncide avec la semaine annuelle de l’industrie de la publicité, dont le programme débute aujourd’hui même. « Nous profitons de cette semaine de la publicité ayant pour thème « La pub crée plus que de la pub », pour faire appel aux publicitaires québécois afin qu’ils prennent conscience de l’influence qu’ils peuvent avoir sur les habitudes de vie des petits Québécois. L’application de la loi commence d’abord et avant tout par la responsabilisation de l’industrie publicitaire et alimentaire », ajoute Suzie Pellerin. À cet effet, Jacques Brodeur, vice-président d’Edupax, rappelle également que l’intérêt des enfants devrait primer sur l’intérêt commercial de ces industries.

Rappel des faits
Saputo Groupe Boulangerie a enregistré un plaidoyer de culpabilité au premier jour de son procès intenté par l’OPC. Saputo était accusée d’avoir enfreint l’article 248 de la Loi sur la protection du consommateur qui interdit la publicité commerciale destinée aux enfants de moins de 13 ans.

Pour faire la promotion de son nouveau produit, le gâteau Igor, Saputo avait introduit des articles promotionnels (CD, affiches, autocollants, gâteaux Igor et coupons de réduction) dans plus de 230 centres de la petite enfance du Québec. La Coalition Poids et l’Union des consommateurs ont alors publiquement dénoncé cette pratique et demandé à l’OPC de faire cesser la campagne de promotion et de porter des accusations contre Saputo.

Appel à la vigilance
Nous sommes exposés à une industrie de la malbouffe qui est très agressive dans la mise en marché de ses produits et qui orchestre des campagnes publicitaires qui visent spécifiquement nos enfants. Rappelons qu’un enfant est exposé annuellement à plus de 40 000 publicités et qu’un enfant québécois sur cinq présente un excès de poids. D’ailleurs, l’OMS a reconnu la publicité d’aliments riches en sucres, en gras et en sel comme étant un facteur de risque accru de l’obésité et elle invite ses états membres à combattre ces publicités.

La Coalition Poids accorde donc une très grande importance à la dénonciation des pratiques illégales en matière de publicité de malbouffe faite aux enfants. D’ailleurs, la population est invitée à aviser la Coalition Poids de toute publicité commerciale de malbouffe qui semble destinée aux enfants en écrivant à info@cqpp.qc.ca.

À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids
Créée en 2006, la Coalition québécoise sur la problématique du poids, une initiative parrainée par l’Association pour la santé publique du Québec, vise l’adoption de politiques publiques spécifiques à l’égard des problèmes reliés au poids. Elle agit dans le cadre de trois secteurs stratégiques (agroalimentaire, socioculturel et environnement bâti) pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé et la prévention des problèmes de poids. À propos de l’Union des consommateurs
L’Union des consommateurs est une fédération d’associations de consommateurs du Québec dont la mission est de promouvoir et de défendre les droits des consommateurs, en prenant en compte de façon particulière les intérêts des ménages à revenu modeste. Elle regroupe dix Associations coopératives d’économie familiale (ACEF) ainsi que l’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction (ACQC).

À propos d’Edupax
Edupax est un organisme sans but lucratif dont l’expertise est l’éducation des jeunes aux médias.

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Source :
Amélie Desrosiers
Agente de communication
Coalition québécoise sur la problématique du poids
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