Montréal, le 6 avril 2018 – Ayant participé activement aux rencontres préparatoires et au Sommet sur l’alimentation, la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) est heureuse de constater un nouvel engagement gouvernemental envers la saine alimentation des Québécois. « Avant de contribuer à l’économie, le système alimentaire sert à nourrir les Québécois. Avec une majorité d’adultes en surpoids et des maladies chroniques qui affectent près de la moitié des citoyens de 15 ans et plus, l’engagement à soutenir la saine alimentation, au cœur de la vision, nous réjouit », commente Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids.

La Coalition Poids est particulièrement heureuse que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) fasse place à des mesures visant l’éducation alimentaire, une offre alimentaire de meilleure qualité et un plus grand accès physique et économique aux aliments sains. « Cette politique renouvelle l’engagement du MAPAQ envers l’ensemble de ses responsabilités en matière d’alimentation, plutôt que de se concentrer essentiellement sur sa vocation économique. Pour nous, c’est un changement de cap encourageant », souligne Mme Voyer. Rappelons que, en juin 2015, le MAPAQ avait été sévèrement critiqué par le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, pour son inertie en matière de saine alimentation.

Un meilleur accès aux aliments sains et une offre alimentaire améliorée : des piliers essentiels pour la santé

En matière de santé, faciliter l’accès physique et économique aux aliments peu ou pas transformés et, parallèlement,  réduire le sucre, le sel et les gras saturés ainsi qu’augmenter les fibres dans les produits transformés et ultra-transformés du Québec sont des mesures importantes.

Le MAPAQ prévoit de nouveaux leviers pour influencer la qualité de l’offre alimentaire, dont des cibles pour la réduction de certains nutriments et des programmes d’aide financière. Cependant, seules certaines subventions visent à encourager des entreprises responsables sur les plans de la santé et de l’environnement. La Coalition Poids espère que des critères additionnels seront prévus, particulièrement dans le secteur de la transformation. « Il est important d’inclure une logique nutritionnelle dans les critères d’octroi des subventions, afin que les fonds publics servent à appuyer financièrement surtout les cultures et les produits que l’on veut voir davantage dans l’assiette des Québécois et évitent de soutenir ceux qui nuisent à la santé, et conséquemment à l’économie du Québec », explique Mme Voyer. « Les décisions et activités qui touchent l’alimentation ne sont pas que commerciales. Elles ont plusieurs externalités sur la société, dont certaines menacent le droit à la saine alimentation, la santé, le développement durable, l’environnement et même l’économie. Par conséquent, l’industrie bioalimentaire ne peut pas être encadrée et soutenue de la même façon que d’autres types d’industries », poursuit-elle. La Coalition Poids invite ainsi le gouvernement à redoubler de vigilance et à assurer une cohérence avec ses efforts de prévention en santé dans l’ensemble de ses programmes de soutien financier.

Soutenir les politiques alimentaires institutionnelles

La politique propose d’aider l’industrie à conquérir le marché des institutions publiques. Il faudra toutefois travailler aussi à réduire les barrières budgétaires auxquelles font face les institutions publiques désirant accroître leur part d’approvisionnement en aliments frais et local. La Coalition Poids encourage les ministères concernés par des politiques alimentaires institutionnelles à travailler de concert avec le MAPAQ pour élaborer des mesures d’approvisionnement particulières pour leurs établissements publics. Il est essentiel de leur permettre de proposer une offre alimentaire qui répond aux exigences de qualité nutritionnelle, tout en étant alléchante et inclusive de produits d’ici.

Un nouveau signal pour l’industrie bioalimentaire

Cette politique marque un changement de vision pour permettre au secteur bioalimentaire de mieux faire sa part pour promouvoir la santé de la population. « Si le secteur bioalimentaire est un pilier de l’économie du Québec, la santé des Québécois est aussi une importante ressource économique. Tous les secteurs de la chaîne bioalimentaire sont appelés à y contribuer et, surtout, limiter leur impact à la santé », indique Corinne Voyer.

La Coalition Poids suivra avec intérêt les répercussions de cette nouvelle politique. Elle accueillit favorablement l’intention du  gouvernement d’évaluer l’atteinte des objectifs et de poursuivre le dialogue. « La Coalition Poids sera heureuse de continuer à contribuer au dialogue pour offrir aux Québécois un système alimentaire promoteur de santé », conclut Corinne Voyer.

À propos de la Coalition québécoise sur la problématique du poids

Créée en 2006 et parrainée par l’Association pour la santé publique du Québec depuis 2008, la Coalition québécoise sur la problématique du poids réunit plus de 430 partenaires qui visent l’adoption de politiques publiques à l’égard des problèmes reliés au poids. Elle agit pour favoriser la mise en place d’environnements facilitant les choix santé et la prévention des problèmes de poids. Pour plus de détails, www.cqpp.qc.ca

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Corinne Voyer

Directrice, Coalition québécoise sur la problématique du poids

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