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Loi québécoise

Les articles 248 et 249 de la Loi sur la protection du consommateur interdisent toute publicité à but commercial destinée à des personnes de moins de 13 ans.

Seuls le Québec, la Norvège et la Suède possèdent de telles dispositions pour protéger les enfants des assauts publicitaires.

Comment déterminer si une publicité est destinée aux enfants?

L’article 249 de la loi permet de déterminer si un message publicitaire est destiné à des personnes de moins de 13 ans. On doit tenir compte du contexte de sa présentation qui se définit avec les trois critères suivants :

a. Quoi et pour qui? (nature et destination du bien annoncé)

  • produit commercialisé exclusivement destinés aux moins de 13 ans et présentant pour eux un attrait marqué (jouets, certaines friandises, certains aliments)
  • produit commercialisé non exclusivement destiné aux enfants de moins de 13 ans mais présentant tout de même un attrait marqué pour eux (ex : repas de restauration rapide, emballage des aliments, certaines céréales, friandises, collations)
  • produit commercialisé ne présentant pas d’attrait pour les moins de 13 ans (produits financiers, boissons alcoolisées, certains vêtements, produits d’hygiène (shampooing, pâte à dents, hygiène pour bébé)

b. Comment? (manière de présenter le message publicitaire)

  • utilisation de thèmes, personnages, dessins animés, bandes dessinées, musiques attrayantes (voir Guide d’application)
  • sons, couleurs, animations qui attirent l’attention des enfants

c. Quand? (moment ou l'endroit où le message apparaît)

  • émissions pour enfants
  • émissions dont la part des auditeurs de moins de 13 ans est entre 5 % et
    15 %
  • émissions dont la part des auditeurs de moins de 13 ans est inférieure à 5 %

Leçons apprises du modèle québécois : quelques faiblesses

Les dispositions de la loi qui visent la publicité destinée aux enfants existent depuis plus de 30 ans et elles sont parmi les premières au monde à avoir été adoptées. Des améliorations s'imposent donc afin de les rendre plus efficaces.

D'ailleurs, le guide d'application de la loi est présentement en révision par l'Office de la protection du consommateur (OPC). Espérons que le nouveau guide tiendra compte de :

Périodes d’écoute

Les périodes d'écoute prévues dans la loi pour définir les moments où les enfants sont devant l'écran ne tiennent pas compte de la réalité actuelle :

  • multiplication des chaînes de télévision
  • nouvelles technologies (présence télévisuelle Web)
  • marketing au-delà de la publicité traditionnelle

Le nouveau guide d'application de la Loi devrait donc tenir compte de l'exposition grandissante des jeunes au marketing.

Composition de l’auditoire
  • Pour déterminer si une publicité s'adresse aux enfants, celle-ci doit être regardée par un auditoire composé d'au moins 15 % d'enfants de moins de 13 ans.
    • Le pourcentage a été choisi en fonction de la proportion représentative d'enfants de moins de 13 ans dans la population québécoise à l'époque de l'entrée en vigueur de la Loi.
  • Aujourd'hui, la proportion d'enfants dans la population est de moins de 15 %.

Cette règle devrait donc être revue pour s'adapter à la nouvelle composition de l'auditoire.

Des techniques marketing exclues de la loi

La loi ne s'applique pas sur les formes de publicités suivantes :

  • vitrines
  • contenants
  • étiquettes
  • revues pour enfants
  • étalages
  • emballages
  • annonces de spectacles

Pourtant, l'Organisation mondiale de la Santé reconnaît que ces techniques visent à créer un lien entre l'enfant et une marque.

Le nouveau guide d'application devrait donc tenir compte de toutes les techniques de marketing utilisées par l'industrie.

Difficulté de porter plainte
  • Les consommateurs voulant porter plainte sur le site Web de l'OPC font face à une procédure longue et complexe, ce qui peut les décourager.
  • Il faut fournir un nombre de preuves important à l'OPC afin qu'une plainte soit considérée (exemples : photos, factures, adresse du commercant, date, heure et chaîne de diffusion de la publicité, etc.).

Ainsi, le processus de plainte devrait être facilité pour permettre à tous de dénoncer les pratiques illégales de l'industrie.

Manque de ressources de surveillance
  • Les ressources de l’OPC sont insuffisantes pour exercer une surveillance constante de l’industrie.
  • C’est pourquoi, depuis 2006, la Coalition Poids s’est donné le mandat de dénoncer les pratiques qui semblent contrevenir à la loi. Mais ce n'est pas suffisant...

Plus de ressources devraient donc être allouées à l'OPC pour lui permettre de réaliser pleinement son mandat.

Appui des Québécois pour la règlementation

  • 90 % des Québécois pensent qu’il est nécessaire de contrôler la publicité destinée aux enfants.
  • 60 % souhaitent une application plus sévère de la Loi sur la protection du consommateur relativement à la publicité faite aux enfants de moins de 13 ans.

Sondage SOM réalisé pour la Coalition Poids en avril 2007

Événements et activités