L’intensité du marketing d’aliments à haute teneur énergétique et à faible valeur nutritionnelle est reconnue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme étant un facteur probable et convaincant de l’épidémie d’obésité. Les recherches confirment que les publicités télévisées guident les choix alimentaires[49] et incitent à la consommation[50]. Même de brèves expositions aux publicités alimentaires suffiraient pour influencer les préférences alimentaires des enfants[51].
Les enfants sont ciblés car ils ont un pouvoir d’achat propre et futur, ainsi qu’un fort pouvoir d’influence sur les achats effectués par leurs parents[52]. Les préférences de consommation se développent depuis le plus jeune âge. Et les comportements adoptés dès l’enfance en matière d’alimentation et d’activité physique peuvent se perpétuer pendant toute l’existence de l’individu.
Les enfants de la surconsommation
Un documentaire très intéressant a été produit par Media Education Foundation pour mettre en lumière les milliards de dollars investis par l'industrie pour raffiner leurs techniques de marketing visant à vendre aux enfants toutes sortes de produits. À voir absolument...
On a constaté que les enfants de 8 ans et moins ne saisissent pas vraiment l’intention persuasive des messages. La plupart des enfants de 4 ans et moins ne sont pas toujours capables de faire la distinction entre les annonces et le contenu des émissions de télévision[53].
Il existe donc une contradiction et un déséquilibre importants entre les pratiques de marketing qui augmentent les ventes des aliments transformés qui mettent en péril la santé des jeunes et les messages qui font la promotion des saines habitudes alimentaires. « […] quand on dit une fois à un enfant mange des fruits, et dix fois mange des barres chocolatées, ça ne sert pas à grand-chose »[54].
Les enfants âgés entre deux et 11 ans écoutent en moyenne 25 heures de télévision par semaine et sont exposés à environ 40 000 messages publicitaires chaque année. Parmi ceux-ci, 75 % des messages publicitaires provenant de l’industrie alimentaire font la promotion d’aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés[55].
Une récente étude parue dans le journal Psychology & Marketing[56] a également démontré que les enfants entre trois et cinq ans montrent une capacité émergente à utiliser les publicités pour définir quels seront les produits les plus amusants qui les rendront populaires, et ce, même si ils ne peuvent pas encore lire. Ils associent donc dès le plus jeune âge le produit, la marque et son logo et l’utilité potentielle dans leur vie de tous les jours. Ainsi, la popularité d’une marque et la pression des pairs qui en résulte, ont un impact sans conteste sur les orientations et demandes des enfants en bas âge. McDonald’s est reconnue à 93 % par les enfants sondés dans l’étude.
Globe & Mail, 1er mars 2010, Logo recognition – Kids and advertising: Mommy, that's my bestest brand
[49] E Hitchings, PJ Moynihan, « The Relationship Between Television Food Advertisements Recalled and Actual Foods Consumed by Children » (1998) 11 Journal of Human Nutrition and Dietetics 511. Voir aussi supra note 16.
[50] JC Halford, J. Gillespie, V. Brown, E.E. Pontin et T.M. Dovey, « Effect of Television Advertisements for Foods on Food Consumption in Children » (2004) 42(2) Appetite 221. Voir aussi supra note 16.
[51] DL Borzekowski, et TN Robinson « The 30-Second Effect: An Experiment Revealing the Impact of Television Commercials on Food Preferences of Preschoolers » (2001) 101(1) Journal of the American Dietetic Association 42. Voir aussi supra note 16.
[52] Juliet Schor, The commercialized child and the New consumer culture, Scribner, NY, 2004. Voir aussi Claude Cossette, « La publicité doit être balisée » Le Nouvelliste [de Trois-Rivières] (5 Février 2000) p. 36.
[53] C Oates et al., « Children and television advertising: When do they understand persuasive intent? » (2002) 1(3) Journal of Consumer Behavior 238; Consumers International, « The junk food generation: A multi-country survey of the influence of television advertisements on children » (mai 2004), en ligne: http://epsl.asu.edu/ceru/Articles/CERU-0407-227-OWI.pdf tel que cité dans supra note 15 à la p. 26.
[54] UFC Que Choisir, « Pub/TV enfants : recul complet du gouvernement et des sénateurs » AFP Infos Économiques (8 Juillet 2004).
[55] Groupe de recherche Médias et santé
[56] Cornwell B., McAlister A., Children’s Brand Symbolism Understanding: Links to Theory of Mind and Executive Functioning, Psychology & Marketing, Vol. 27(3): 203–228 (Mars 2010).
À la lumière des conclusions du rapport publié aujourd’hui sur l'Initiative canadienne pour la publicité sur les aliments et les boissons destinée aux enfants, la Coalition Poids rappelle que l’autoréglementation ne suffit pas à protéger les enfants du marketing alimentaire agressif qui leur est destiné.
A recent survey conducted commission by the Quebec Coalition on Weight-Related Problems shows that Canadians of all provinces are highly supportive of intervention by governments in a fight against the obesity epidemic.
La Coalition Poids présentera Quartiers verts, actifs et en santé : repenser l’aménagement urbain pour favoriser le transport actif sécuritaire ainsi qu'une communication affichée sur la publicité destinée aux enfants dans le cadre de cette conférence du centenaire.
Télécharger la présentation donnée par Corinne Voyer.
Dans le cadre de ce congrès, la Coalition Poids fera une présentation durant l'atelier La commercialisation des aliments et boissons auprès des enfants.
Télécharger la présentation donnée par Suzie Pellerin.