Les politiques et les initiatives des municipalités québécoises pour bonifier l’offre alimentaire et améliorer l’accès aux aliments sains sont des sources d’inspiration. Les possibilités d’agir sont nombreuses !

Favoriser une saine hydratation

Bâtir des municipalités où l’eau est la boisson la plus visible et attrayante

La surconsommation de boissons sucrées est associée à l’obésité, à des problèmes de santé dentaire et à plusieurs maladies chroniques. Or, notre environnement alimentaire tend à encourager la consommation de ces boissons omniprésentes. Près de 50 % des Québécois disent trouver plus facilement des boissons sucrées qu’une fontaine d’eau quand ils souhaitent se désaltérer. Cette tendance doit être renversée.

Pour y arriver, les instances publiques doivent éviter de fournir aux citoyens des occasions d’en consommer, qui s’additionnent à l’offre commerciale. Parallèlement, rendre les fontaines d’eau plus accessibles à la population permet de donner aux citoyens un véritable choix santé, économique et écoresponsable. 96 % de la population québécoise juge important d’avoir accès à une fontaine d’eau dans les lieux publics, ce qui en fait une mesure très populaire.

En plus de contribuer à la santé et la qualité de vie des citoyens, promouvoir une saine hydratation présente des bénéfices pour les municipalités. D’une part, cette initiative est cohérente avec le virage bleu entrepris par plusieurs municipalités, en réduisant l’utilisation de contenants à usage unique, telles que les bouteilles d’eau ou de boissons sucrées. Ces dernières sont ultimement gérées par la municipalité dans les collectes sélectives, les dépotoirs ou – trop  souvent – dans ses cours d’eau et son environnement, et ce, à ses frais. D’autre part, faciliter l’accès à l’eau potable dans les lieux publics s’inscrit dans une démarche de développement durable et contribue à favoriser la résilience des citoyens face aux changements climatiques (ex. : canicules) .

Plusieurs dizaines de municipalités ont déjà pris action au Québec en adoptant des résolutions favorables à une saine hydratation.

Municipalités ayant adopté des résolutions favorables à une saine hydratation

Afin de simplifier la tâche des conseils municipaux qui désirent favoriser une saine hydratation des citoyens, des modèles de résolution, qui peuvent être reproduits et adaptés, sont proposés dans la section Outils du site. Le volet municipal de la campagne J’ai soif de santé ! propose également des outils gratuits pour faciliter le repérage des points d’eau potable dans les municipalités.

Adopter une politique alimentaire

Mettre en place une politique alimentaire permet d’assurer la qualité de l’offre alimentaire dans les édifices municipaux tels que les arénas, les centres culturels ou de loisirs ou les mairies, de même que lors des fêtes et évènements populaires. L’ajout d’options saines et le retrait des fritures, des boissons sucrées et des distributrices à bonbons sont des exemples de choix que certaines municipalités ont inscrit dans leur politique alimentaire.

L’expérience des municipalités ayant mis en place de telles politiques permet d’identifier certains défis, des façons de les surmonter et des conditions de succès. Pour en savoir plus, consultez le document Quelques idées pour améliorer l’offre alimentaire dans les édifices publics.

Des politiques alimentaires québécoises inspirantes

Sainte-Julie (2017)

La Politique de saines habitudes de vie met en place un environnement favorable à la santé des citoyens en :

  • favorisant l’accès physique et économique à une saine alimentation, notamment par la promotion de la consommation d’eau potable, l’offre d’aliments sains et locaux ainsi que l’agriculture urbaine ;
  • améliorant les espaces publics d’intérêt pour qu’ils permettent d’y manger sainement ;
  • faisant la promotion de la participation et l’engagement pour les saines habitudes de vie ;
  • offrant des services permettant une vie active et une alimentation saine.

Rimouski (2017)

La Politique alimentaire est basée sur des consultations citoyennes et se déploie avec un plan d’action incluant un investissement municipal, une stratégie de communication et d’accompagnement, de même que des mesures de suivi et d’évaluation. Elle mise sur :

  • l’environnement physique et économique, en offrant des aliments variés, locaux, économiques et de haute qualité nutritive ainsi qu’en assurant des installations accessibles et conviviales ;
  • l’environnement socio-culturel, par des moyens de promotion de la saine alimentation et en offrant un soutien professionnel aux acteurs-clés de cette politique ;
  • l’environnement politique, en engageant les partenaires dans un démarche concertée de changement.

Côte-des-neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Montréal (2016)

Dans le déploiement de son Plan santé, l’arrondissement a adopté un règlement qui vise à faciliter l’implantation de jardins communautaires, marchés et épiceries santé et limiter l’implantation de nouveaux restaurants rapides dans les milieux de vie.

Granby (2013)

La Politique alimentaire vise à bannir les fritures et boissons énergisantes de ses établissements, diversifier et mettre en valeur l’offre d’aliments sains.

Sherbrooke (2013)

La Politique alimentaire pour les infrastructures sportives, les événements et les fêtes populaires intègre les principes du développement durable à l’ensemble des activités des services alimentaires. En plus de favoriser l’accessibilité physique à une variété d’aliments de haute valeur nutritive, elle vise à promouvoir la saine alimentation et développer les compétences du personnel.

Augmenter l'accès aux fruits et légumes

Les municipalités peuvent adopter des règlements pour autoriser le commerce itinérant de fruits et de légumes abordables dans les parcs, mettre en place des marchés publics ou encore favoriser le déploiement de l’agriculture urbaine.

  • L’appui apporté au projet Fruixi, une initiative créative de vente de fruits et légumes sur des vélo-triporteurs, a permis de rendre ces derniers plus accessibles à une clientèle défavorisée ou atteinte de maladies chroniques. Ce projet a été mis sur pied par le Marché solidaire Frontenac, en partenariat avec différents organismes, dont le Centre hospitalier universitaire de Montréal.
  • L’agriculture urbaine et périurbaine, qu’elle se fasse dans les jardins communautaires, sur les toits des édifices ou sur le terrain des résidences, fait de plus en plus d’adeptes. En plus des bénéfices alimentaires pour les citadins, ce type d’agriculture comporte plusieurs avantages pour les municipalités, comme en témoigne le site web du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Planifier un aménagement stratégique du territoire

L’aménagement stratégique du territoire peut contribuer à l’amélioration de l’offre alimentaire.

  • Les municipalités sont en mesure de mettre de l’avant des incitatifs qui visent à encourager la présence de commerces d’alimentation offrant des aliments sains à prix abordables (fruiteries, supermarchés) sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les milieux défavorisés.
  • L’utilisation d’outils urbanistiques (ex. : zonage) peut permettre de limiter la présence de restaurants rapides autour des écoles, considérant que cette proximité est associée à un taux d’obésité accru chez les jeunes et qu’elle nuit aux efforts des écoles visant à promouvoir une saine alimentation.

Guides et fiches d’information : environnement alimentaire autour des écoles

Selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), « la consommation de malbouffe deux fois ou plus par semaine est associée à l’obésité et à d’autres mesures négatives de santé chez les jeunes ». De plus, l’INSPQ établit que les « proportions de jeunes qui consomment de la malbouffe deux fois ou plus par semaine sont significativement plus élevées dans les écoles ayant deux (27 %) ou trois (26 %) restaurants-minute dans une zone de 750 mètres que ceux n’en ayant qu’un seul (19 %) ou aucun (19 %) ».

Les municipalités peuvent utiliser les règlements d’urbanisme pour renforcer les politiques alimentaires dans les écoles, notamment en appliquant des règlements de zonage.

Limiter l’installation de commerces avec service à l’auto

Consultez la fiche informative pour limiter l’installation de commerces avec service à l’auto, qui a connu un franc succès en 2014, lors de son implantation dans l’arrondissement Saint-Laurent.