Alimentation dans les villes

Les municipalités occupent un rôle stratégique dans la prévention de l’obésité et de plusieurs maladies, car leurs interventions ont des impacts immédiats sur l’environnement et les modes de vie des citoyens.

Les possibilités d’agir sont nombreuses et variées pour les municipalités qui désirent améliorer l’offre alimentaire et l’accès aux aliments sains, limiter l’implantation de restaurants rapides près des écoles, agir sur les déserts alimentaires ou favoriser l’accessibilité aux aliments frais.

Alors que la malbouffe semble traditionnellement associée à la cantine de l’aréna ou du centre sportif, son omniprésence n’est pas cohérente avec la pratique de sports ou la promotion de l’activité physique qui y ont lieu.

Des lieux exemplaires ?

Par le biais de sa Vision de la saine alimentation – Pour la création d’environnements alimentaires favorables, le ministère de la Santé et des Services sociaux encourage les villes québécoises à offrir une variété d’aliments dont la majorité constitue de bons ou d’excellents choix en termes de valeur nutritive. Il les invite aussi à limiter la vente d’aliments dits « d’exception », telles que les boissons sucrées ou les fritures. En principe, toujours selon cette vision, l’offre alimentaire municipale devrait alors être globalement plus intéressante que celle des restaurants.

Une réalité à améliorer

Pourtant, les portraits de l’offre alimentaire disponibles à ce jour révèlent que de nombreuses améliorations sont requises pour se conformer à cette vision. À titre d’exemple, en 2007, une étude de la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale1 a révélé que peu d’options santé étaient offerts aux consommateurs dans les installations sportives et que :

  • une boisson gazeuse coûtait 1 ½ à 2 fois moins cher que l’eau ou les jus
  • on retrouvait de nombreux mets riches en gras saturés, en gras trans, en sodium et/ou en sucres concentrés.

De plus, un portrait de situation dans 16 arénas a été réalisé dans le cadre du projet La santé au menu, qui confirme les constats réalisés dans la Capitale :

  • les comptoirs alimentaires offraient majoritairement de la malbouffe (hotdogs, hamburger, frites, club sandwiches, boisson gazeuse, etc.) ;
  • environ 50 % des machines distributrices proposaient des aliments peu nutritifs ;
  • seulement la moitié des sites visités (8) offrait aussi des aliments plus intéressants du point de vue nutritionnel, tels que des crudités, des paninis, des soupes, des salades, etc.

Ces exemples démontrent que l’offre alimentaire de certains milieux municipaux mérite d’être bonifiée afin de proposer aux citoyens un environnement où les choix sains sont attrayants et accessibles.

Heureusement, plusieurs municipalités ont pris conscience du rôle qu’elles peuvent jouer afin de rendre les choix santé plus faciles pour leur population. Ainsi, elles sont nombreuses à poser des gestes concrets. Pour celles qui songent à passer à l’action, plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour assurer la réussite de leurs initiatives. Un soutien et des ressources supplémentaires peuvent également contribuer au succès de ce changement important.

Les villes s’impliquent de plus en plus pour favoriser la santé de leurs citoyens. Les politiques adoptées et les initiatives mises de l’avant par des municipalités québécoises pour bonifier l’offre alimentaire sont des sources d’inspiration. Il est donc important de partager ces avancements significatifs.

Interdiction de la vente de boissons énergisantes

Certaines municipalités ont choisi de faire un premier pas simple et significatif pour la santé des jeunes : interdire la vente de boissons énergisantes dans les édifices municipaux.

Le 17 octobre 2011, la Ville d’Amqui fut la première à adopter, à l’unanimité, une telle résolution. Depuis, cette mobilisation a été reproduite par d’autres villes du Québec, créant ainsi un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Municipalités ayant adopté la résolution :

* Cette MRC représente les municipalités d’Albanel, Girardville, Notre-Dame-de-Lorette, Péribonka, Saint-Augustin-de-Dalmas, Saint-Edmond-les-Plaines, Sainte-Jeanne-d’Arc, Saint-Eugène-d’Argentenay, Saint-Stanislas, Saint-Thomas-Didyme, Doldean-Mistassini, Normandin

  • MRC de Thérèse-de-Blanville* – 13 février 2013 (procès-verbal non disponible sur le web)

* Cette MRC représente les villes de Blainville (qui avait déjà adopté une telle résolution), Boisbriand, Bois-des-Filion, Lorraine, Rosemère, Sainte-Anne-des-Plaines, Sainte-Thérèse

Inclusion au sein de politiques alimentaires

Certaines villes interdisent la vente de boissons énergisantes par le biais d’une politique alimentaire plus globale.

  • À Gatineau, la politique alimentaire propose de bannir les boissons avec sucre ajouté des infrastructures sportives, édifices municipaux, centres communautaires et centres culturels et de privilégier l’eau, le lait et les jus de fruit sans sucre ajouté.
  • À Granby, la Politique alimentaire pour faciliter les choix santé demande d’« éliminer les boissons énergisantes » dans les installations sportives et les parcs de la Ville, tout comme dans les événements populaires et sportifs principalement destinés aux enfants.

Un outil pour les municipalités

Afin de simplifier la tâche aux municipalités qui désirent interdire la vente de boissons énergisantes dans leurs établissements, un modèle de résolution est à leur disposition, qu’elles peuvent réutiliser et réadapter en fonction de leurs besoins spécifiques.

Accès aux fontaines d'eau dans les lieux publics

Rendre les fontaines d’eau plus accessibles à la population est bénéfique à plusieurs égards, tels que la santé et la qualité de vie, la réduction des déchets, la gestion sensée des ressources et la promotion de l’eau municipale.

En plus d’être cohérente avec l’esprit du virage bleu entrepris par plusieurs milieux, cette mesure est également très populaire, considérant que 96 % de la populationjuge important d’avoir accès à une fontaine d’eau dans les lieux publics. Cependant, près de 50 % des Québécois disent trouver plus facilement des boissons sucrées qu’une fontaine d’eau quand ils souhaitent se désaltérer.

Faciliter une saine hydratation

Alors que la surconsommation de boissons sucrées est fortement associée à l’obésité, à une piètre santé dentaire et à plusieurs maladies chroniques, notre environnement alimentaire tend à encourager la consommation de ces boissons.

Faciliter l’accès aux fontaines d’eau permet de donner un véritable choix santé, économique et écoresponsable aux citoyens pour leur hydratation. Multiplier les points d’eau offre également des bénéfices pour les municipalités, en réduisant l’usage des contenants à utilisation unique, telles que les bouteilles d’eau ou de boissons sucrées, qui sont ultimement gérés dans les collectes collectives et les dépotoirs.

Saint-Basile-le-Grand

Le 7 avril 2015, à l’unanimité, la Ville de Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie, s’engage à lancer le mouvement, en étant la première ville à adopter la résolution. Les villes d’Amqui et de Boisbriand lui ont également emboîté le pas.

Longueuil

Afin de mettre l’eau en valeur comme choix numéro un pour s’hydrater lors des événements spéciaux, la Ville de Longueuil a mis en place un système de fontaines d’eau mobiles.

Plateau Mont-Royal

L’arrondissement montréalais du Plateau Mont-Royal a mis en place un nouveau dispositif permettant aux citoyens de s’hydrater à même une borne-fontaine. Validé par le Service de l’eau et le Service de sécurité incendie de la Ville de Montréal, le système Bornéo permet de rendre l’eau potable plus facilement accessible, ce qui contribue à une saine hydratation et au bien-être de la population.

Municipalités ayant adopté la résolution :

Un outil pour les municipalités

Le 22 mars 2015, dans le cadre de la Journée mondiale de l’eau, l’Association pour la santé publique du Québec, la Coalition Poids et Eau Secours !, la coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau, ont développé un modèle de résolution, qui peut être réutilisé ou adapté en fonction des besoins spécifiques des municipalités, et ce, afin de leur simplifier la tâche et faciliter l’accès aux fontaines d’eau dans leurs espaces publics.

Politiques alimentaires

Granby

Le 19 août 2013, la Ville de Granby adopte une politique alimentaire, qui bannit les fritures et boissons énergisantes de ses établissements. La Ville souhaite aussi diversifier et mettre en valeur l’offre d’aliments sains.

Sherbrooke

Le 4 février 2013, la Ville de Sherbrooke adopte la Politique alimentaire pour les infrastructures sportives, les événements et les fêtes populaires.

Cette politique comporte les cinq orientations suivantes :

  • offrir des repas et des collations de haute valeur nutritive ;
  • intégrer les principes du développement durable à l’ensemble des activités des services alimentaires ;
  • favoriser l’accessibilité physique à une variété d’aliments de haute valeur nutritive ;
  • promouvoir la saine alimentation auprès des clientèles des services alimentaires ;
  • assurer le développement des compétences du personnel

Gatineau

Le 29 mars 2011, la Politique alimentaire de la Ville de Gatineau. Pour des choix santé ! est adoptée. Elle vise, entre autres, à « élargir les choix alimentaires par l’intégration d’aliments à la fois savoureux et nutritifs », tout en considérant que « dans certains cas, des aliments ayant une forte teneur en sucre, en sel ou en gras trans et saturés pourront être bannis ».

Les orientations de la politique prévoient que les changements réalisés dans l’offre alimentaire soient effectués de façon progressive et avec la participation de tous les acteurs touchés, tout en se préoccupant du maintien de l’accès économique aux aliments nutritifs proposés.

Arrondissement Côte-des-neiges–Notre-Dame-de-Grâce

Cet arrondissement de Montréal a adopté une Politique en faveur des saines habitudes de vie, dont la mission vise à « encadrer l’offre alimentaire, promouvoir les aliments et les boissons santé et éliminer les aliments contenant des gras trans dans tous les établissements municipaux qui relèvent de son autorité et lors des événements organisés par l’arrondissement ou par des promoteurs publics sur son territoire. »

Entrée en vigueur le 1er septembre 2010, cette politique avait pour objectif de « créer […] un environnement alimentaire qui met de l’avant des aliments santé exempts de gras trans, rendant ainsi plus faciles les choix santé en matière d’alimentation. »

Pour en savoir plus, consultez le Volet 1 de cette politique.

En 2016, les élus ont adopté la 2e phase de ce Plan santé, qui résulte en un règlement favorisant l’adoption d’un mode de vie physiquement actif, une saine alimentation et le droit à un environnement de qualité. Ce règlement pro santé vise 9 objectifs, dont 3 en lien avec la saine alimentation : faciliter l’implantation de jardins communautaires, marchés et épiceries santé et limiter l’implantation de nouveaux restaurants rapides aux artères autoroutières plutôt que dans les milieux de vie.

Arrondissement de Verdun

En septembre 2006, le Conseil municipal de Verdun adopte la politique « Bonne bouffe » dans ses installations intérieures et extérieures, qui bonifie l’offre alimentaire en réclamant notamment une augmentation de la proportion d’aliments « reconnus par le Guide alimentaire canadien » et la mise en évidence de ces produits. Elle demande, par exemple, que soit éliminés les produits contenant des gras trans et que les boissons gazeuses soient progressivement remplacées par des boissons plus saines.

Rendre votre municipalité plus favorable à l'allaitement

Pour les municipalités, valoriser l’allaitement maternel dans les édifices, parcs et installations municipales est une façon de contribuer au développement optimal des jeunes enfants et au bien-être des femmes, des familles et des collectivités. En offrant des environnements favorables et accueillants à l’allaitement, les municipalités rendent le geste d’allaiter plus facile à faire, partout et en tout temps.

Découvrez notre modèle de résolution et adoptez-le !

Amélioration de l’offre

Les villes jouent un grand rôle quant à la mise en place d’environnements favorables aux saines habitudes de vie. Pour favoriser et encourager une saine alimentation, plusieurs actions municipales sont possibles.

Améliorer l'offre alimentaire dans les établissements municipaux

Il est possible de mettre en place une politique alimentaire pour assurer la qualité de l’offre alimentaire dans les édifices municipaux tels que les arénas, les centres culturels ou de loisirs ou les mairies. Le retrait des fritures, des gras trans ou des distributrices à bonbons sont des exemples de choix qu’ont fait certaines villes.

Dans le cadre du projet La santé au menu, le Guide d’accompagnement en aréna a été produit pour soutenir les milieux dans l’instauration d’une offre alimentaire saine.

Importance d’une politique alimentaire municipale

Certaines initiatives d’amélioration de l’offre alimentaire ont été réalisées sans avoir été entérinées dans une politique officielle ou par le biais d’une résolution du conseil municipal. Dans ce cas, bien qu’on puisse se réjouir de l’intérêt de la ville à adopter une telle mesure, on peut s’inquiéter que celles-ci soient menacées lors de changement de personnel à la tête des villes, d’où l’importance d’adopter une politique alimentaire.

Offrir des choix santé dans les fêtes et événements populaires

Les événements spéciaux constituent de belles occasions de démontrer qu’il est possible de s’alimenter sainement, en ayant du plaisir.

Quelques événements spéciaux organisés par les municipalités :

  • Fêtes
  • Camps de jour
  • Compétitions sportives (ex. : Jeux du Québec)
  • Activités de loisirs

Pour vous aider à améliorer l’offre alimentaire lors de les fêtes populaires, consultez le Guide pour l’élaboration de menu équilibré, préparé par la Direction de santé publique des Laurentides. Les organismes de la MRC de Drummond peuvent aussi obtenir gratuitement le Guide « Ensemble, mangeons bien, fêtons vert », proposé par le CSSS Drummond.

Augmenter l'accès aux fruits et légumes

Les villes peuvent adopter des règlements pour autoriser le commerce itinérant de fruits et de légumes abordables dans les parcs, mettre en place des marchés publics ou encore favoriser le déploiement de l’agriculture urbaine.

  • L’appui apporté au projet Fruixi, une initiative créative de vente de fruits et légumes sur des vélo-triporteurs, a permis de rendre ces derniers plus accessibles à une clientèle défavorisée ou atteinte de maladies chroniques. Ce projet a été mis sur pied par le Marché solidaire Frontenac, en partenariat avec différents organismes, dont le Centre Hospitalier Universitaire de Montréal.
  • L’agriculture urbaine et périurbaine, qu’elle se fasse dans les jardins communautaires, sur les toits des édifices ou sur le terrain des résidences, fait de plus en plus d’adeptes. En plus des bénéfices alimentaires pour les citadins, ce type d’agriculture comporte plusieurs avantages pour les municipalités, comme en témoigne le site web du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Planifier un aménagement stratégique du territoire

L’aménagement stratégique du territoire peut aider à l’amélioration de l’offre alimentaire.

  • Les villes sont en mesure de mettre de l’avant des incitatifs qui visent à encourager la présence de commerces d’alimentation offrant des aliments sains à prix abordables (fruiteries, supermarchés) sur l’ensemble du territoire, en particulier dans les milieux défavorisés.
  • L’utilisation d’outils urbanistiques (ex. : zonage) peut permettre de limiter la présence de restaurants rapides autour des écoles, considérant que cette proximité est associée à un taux d’obésité accru chez les jeunes et qu’elle nuit aux efforts des écoles visant à offrir aux jeunes une saine alimentation. Pour en savoir davantage, consultez la section Urbanisme et environnement alimentaire sur le site de l’Association pour la santé publique du Québec.

Guides et fiches d’information : Environnement alimentaire autour des écoles

Selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (l’INSPQ), « la consommation de malbouffe deux fois ou plus par semaine est associée à l’obésité et à d’autres mesures négatives de santé chez les jeunes ». De plus, l’INSPQ établit que les « proportions de jeunes qui consomment de la malbouffe deux fois ou plus par semaine sont significativement plus élevées dans les écoles ayant deux (27 %) ou trois (26 %) restaurants-minute dans une zone de 750 mètres que ceux n’en ayant qu’un seul (19 %) ou aucun (19 %) ».

Les municipalités peuvent utiliser les règlements d’urbanisme pour renforcer les politiques alimentaires dans les écoles, notamment en appliquant des règlements de zonage.

Limiter l’installation de commerces avec service à l’auto

Consultez la fiche informative pour limiter l’installation de commerces avec service à l’auto, qui, en 2014, lors de son implantation dans l’arrondissement de Saint-Laurent, a connu un franc succès.

Réduire la visibilité des aliments moins nutritifs

  • Mettre les aliments sains à la hauteur des yeux dans les machines distributrices et mettre les autres aliments dans les espaces moins intéressants.
  • Mettre une quantité proportionnellement plus importante d’aliments sains dans les machines distributrices par rapport aux aliments moins nutritifs.
  • Refuser de mettre de la publicité de malbouffe dans les édifices municipaux et les terrains appartenant à la ville (ex. : sur les bandes de la patinoire, sur les murs de l’aréna, dans le stade de baseball, etc.).En plus de mettre en valeur une offre alimentaire en compétition avec ce qui est proposé par l’établissement municipal, la publicité de malbouffe contribue à renforcer la norme qui veut que l’on associe malbouffe et sport (ex. : annonce d’un cornet gratuit à la crèmerie pour les joueurs qui portent leur équipement, logo d’un restaurant de fast-food avec ou sans adresse du restaurant le plus proche, etc.).

Mettre en valeur les aliments sains

  • Utiliser un réfrigérateur vitré pour présenter les aliments sains offerts au casse-croûte (par exemple, les sandwiches, les salades, etc.).
  • Offrir au public des dégustations gratuites des nouveaux produits sains.
  • Impliquer le personnel dans l’évaluation des mets « santé », en leur offrant d’y goûter. Les employés pourront ainsi mieux connaître les nouveaux mets et contribuer à leur promotion, de même qu’à leur amélioration au besoin.

Modifier les prix en faveur des aliments sains

Dans l’optique d’augmenter le pouvoir d’attraction des aliments sains, il est possible d’augmenter le prix des aliments de type « malbouffe », de manière à offrir les aliments sains à prix concurrentiels, tout en adressant l’enjeu de la rentabilité globale.

Retirer les friteuses et la friture

Parmi les aliments les plus fréquemment cuits dans l’huile, on retrouve les pommes de terre frites, rondelles d’oignons, ailes de poulet avec frites, pogos, etc. En fonction des milieux, il est possible de remplacer complètement ces aliments ou d’opter plutôt pour des aliments similaires avec un mode de cuisson utilisant moins de matières grasses, par exemple des frites ou ailes de poulet cuites au four.

Le retrait des friteuses a permis à certaines municipalités de faire quelques économies en termes de frais d’assurances, de cotisations à la CSST et d’entretien du système de ventilation du casse-croûte.

Retirer les boissons énergisantes, boissons gazeuses et autres boissons sucrées

  • Compte tenu des données probantes qui démontrent qu’il est contre-indiqué de consommer des boissons énergisantes en faisant du sport, plusieurs milieux ont décidé de cesser la vente de ces boissons par cohérence avec leur mission. D’ailleurs, dans le projet La santé au menu, il s’agit de l’initiative santé la plus fréquemment rapportée par les gestionnaires d’aréna (46 %)1.Plusieurs municipalités ont officiellement adopté une résolution visant à bannir la vente de telles boissons dans les édifices et lieux publics relevant de la municipalité.
  • Parce qu’elles contiennent une quantité importante de sucre, soit environ 10 cuillères à thé de sucre par canette, et qu’elles n’apportent aucun nutriment essentiel, plusieurs milieux ont décidé de ne plus offrir de boissons gazeuses dans leur établissement. Pour cette même raison, plusieurs autres boissons sucrées (ex. : cocktail ou punch aux fruits, sloche régulière, café glacé, etc.) ont également été retirées du menu de nombreux édifices municipaux, en particulier ceux issus des milieux sportifs.

Retirer les distributrices de bonbons

Comme les distributrices de bonbons ciblent en particulier les enfants et les adolescents, certains milieux ont décidé de les retirer.

Obstacles et stratégies

Comme tout changement, l’amélioration de l’offre alimentaire dans les établissements municipaux nécessite un certain processus de gestion et d’adaptation. La Coalition Poids a relevé quelques barrières potentielles afin de proposer des stratégies qui sauront les pallier.

Rentabilité

Compte tenu de l’utilisation d’aliments frais et périssables, le coût des aliments peut être plus élevé et les pertes être plus importantes, réduisant ainsi la marge de profit obtenue. Cela peut être particulièrement un défi dans les arénas ouverts à temps partiel.

Équipement requis

La nécessité d’acquérir certains équipements pour la préparation et l’entreposage de certains mets « santé », tels que des réfrigérateurs, congélateurs et outils de cuisson (ex. : four à panini, four à convection, etc.), peut constituer un frein pour des concessionnaires alimentaires. En contrepartie, retirer les fritures, par exemple, permet d’économiser sur l’entretien du système de ventilation ou sur les assurances nécessaires.

Concurrence

Les commerces de restauration rapide à proximité des établissements municipaux peuvent consister en une alternative alléchante en compétition avec l’offre du milieu municipal. Le menu préparé et offert dans une installation sportive ou un aréna est souvent limité par l’espace de rangement disponible et par le temps de préparation des aliments (souvent un seul employé).

De plus, plusieurs activités sportives ou événements locaux reçoivent des commandites de la part des commerces de restauration rapide ou de malbouffe avoisinants. Ces appuis financiers résultent le plus souvent en de la visibilité et de la promotion sur le lieu d’activité (ex. : affichage sur la glace, les bandes de la patinoire, etc.).

Grossistes / Fournisseurs

Dans certaines régions, l’approvisionnement est un défi important. Initialement, en plus de rechercher des produits qui correspondent aux critères nutritionnels fixés, il faut s’assurer que les produits sélectionnés soient disponibles sur une base régulière.

Malheureusement, certains distributeurs modifient, souvent sans préavis, les marques des produits disponibles. Il peut alors y avoir des variations de qualité nutritive importante pour un même type d’aliment. Par exemple, tous les muffins n’ont pas la même valeur au plan nutritionnel. Certains muffins, riches en sucre et en gras, s’apparentent à des gâteaux ou contiennent des gras trans, alors que d’autres muffins apportent plutôt des quantités de sucre et de gras acceptables en plus d’être des sources de fibres intéressantes.

Résistance au changement

Pour certains consommateurs, l’association entre les arénas et la malbouffe est une tradition. Il y a aussi un mythe voulant que les personnes qui s’adonnent à une activité sportive sont nécessairement en santé et peuvent, par conséquent, consommer de la malbouffe sans restriction.

Une autre forme de résistance concerne les employés, dont certains sont réticents au changement ou refusent de modifier leur définition de tâches.

Moins de soumissionnaires pour la gestion de la concession alimentaire

Dans le cas d’une gestion externe, malgré des incitatifs offerts par la municipalité (ex. : loyer plus bas), certains milieux ont dû réduire leurs exigences quant à la qualité ou la variété de l’offre alimentaire en raison de la difficulté à trouver un gestionnaire privé ou un OSBL pour gérer leur concession alimentaire.

Stratégies variées visant une offre alimentaire améliorée

Plusieurs mesures peuvent être mises de l’avant pour pallier les obstacles mentionnés ci-haut et aider les municipalités à réaliser leurs projets.

    • Virage progressif : une des clés du succès !Les endroits où des reculs ont été observés quant à la qualité de l’offre alimentaire avaient généralement opté pour une transformation très importante du menu offert, incluant le retrait de la majorité ou de la totalité des aliments que l’on nomme « malbouffe ». Lorsque les changements étaient plus progressifs et accompagnés d’une stratégie de communication, incluant par exemple des dégustations gratuites ou une mise en valeur des aliments sains, l’accueil du public était plus favorable, voire enthousiaste.Dans un premier temps, le fait d’offrir, en plus de l’offre traditionnelle, des options saines, qui soient savoureuses, compétitives au plan économique et adaptées au contexte de consommation, est une action à encourager.
    • Lors de l’implantation d’une offre alimentaire améliorée dans une municipalité, certains facteurs doivent nécessairement être pris en compte :
      • temps de préparation et facilité de préparation des mets ;
      • capacité d’accueil de l’aréna : combien d’employés travaillent au casse-croûte ?, combien de clients potentiels ? ;
      • présence de machines distributrices : sont-elles gérées par une entreprise externe ? ;
      • période d’ouverture du casse-croûte : est-il ouvert lors des activités libres ou seulement lors d’évènements ? ;
      • lieux de consommation disponibles : y a-t-il des places assises ou des gradins ?, les clients doivent-ils manger debout ? ;
      • contrat d’exclusivité avec certains fournisseurs : y a-t-il un embouteilleur qui détient l’exclusivité avec lequel nous sommes liés par contrat ?

Soutien nécessaire

Il existe différents exemples de soutien possibles pour favoriser l’amélioration de l’offre alimentaire municipale :

      • les instances publiques disposent d‘expertises qui peuvent faciliter un virage santé. Par exemple, plusieurs centres de santé et de services sociaux (CSSS) acceptent de fournir gratuitement aux municipalités les services de nutritionnistes pour analyser la qualité des mets proposés, concevoir des menus, adapter des recettes et accompagner les milieux dans la recherche de produits répondants à leurs critères nutritionnels ;
      • certains milieux ont pu compter sur une subvention de leur conférence régionale des élus (CRÉ) ;
      • certaines municipalités ont octroyé des réductions de loyer substantielles afin de compenser les exploitants du casse-croûte pour les dépenses liées à l’achat de nouveaux équipements, à la recherche de nouveaux fournisseurs, au réaménagement des lieux de consommation, etc. ;
      • le Nouveau-Brunswick a créé un programme de subvention pour la promotion des aliments sains dans les installations récréatives. Cette initiative permet à ces installations de recevoir un soutien financier pour faciliter le changement vers une offre alimentaire bonifiée.


Références