Les acteurs de santé publique et gouvernements s’inquiètent de plus en plus des effets qu’entraîne la surconsommation de sucres « libres » sur l’état de santé. Les sucres « libres » sont des sucres rapidement absorbés par le corps, qui incluent la grande variété de sucres ajoutés dans les aliments par les fabricants (ex. : sucre, cassonade, glucose, sirop de maïs, etc.), de même que les jus de fruits, les concentrés de fruits purs, le miel et les sirops1.

Les fruits contiennent naturellement du sucre, mais il ne faut toutefois pas considérer que manger un fruit entier équivaut à une consommation de sucres « libres ». Ce n’est que lorsque ce fruit est transformé en jus qu’il devient une source de sucres « libres », le processus libérant le sucre naturel des fibres du fruit. Cela explique pourquoi le jus de fruit, même dit « 100 % pur » et « sans sucre ajouté », doit être consommé avec modération et en petites quantités.

Consommation

Les aliments ultratransformés constituent la principale source de sucres libres dans l’alimentation des Canadiens. Au Québec, 75 % des sucres « libres » proviendraient de ces produits, et ce, même si l’on exclut les ingrédients culinaires, dont font partie le miel et le sirop d’érable2. Ceux-ci sont généralement vendus en grosses portions et font l’objet d’une promotion publicitaire intensive, en plus d’être3,4 :

  • à très haute teneur énergétique,
  • faibles en nutriments,
  • riches en sucre, sel et gras.

Au Canada, 66 % des aliments ultratransformés disponibles sur les tablettes de supermarchés contiendraient au moins un type de sucre ajouté5. Dans certaines catégories de produits, le pourcentage de calories issues de sucres « libres » est excessivement élevé : 70 % des calories des boissons trouvées en épicerie seraient constituées de sucres « libres », devançant largement celle des desserts (41 %) et des friandises (62 %)6.

En ce qui concerne les boissons sucrées, de nombreuses études établissent un forte association entre entre celles-ci et le surpoids, notamment chez les enfants. Elles sont aussi associées à la carie dentaire et à plusieurs maladies, dont le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Compte tenu de leur format, la consommation d’un seul contenant individuel de boisson sucrée peut suffire à atteindre ou dépasser les recommandations d’apport journalier en sucres « libres ». En général, plus la consommation de produits ultratransformés est importante – qu’il s’agisse de boissons sucrées ou non –, plus les les risques de dépasser les limites quotidiennes recommandées de sucres « libres » sont élevés7.

Combinée à un mode de vie axé sur la rapidité, la perte des compétences et connaissances culinaires a poussé les consommateurs à moins cuisiner et à manger plus fréquemment à l’extérieur du domicile. Cette combinaison de facteurs expliquerait en partie les raisons pour lesquelles les aliments ultratransformés occupent une part grandissante dans le régime des Canadiens8. C’est d’ailleurs pourquoi de nombreuses interventions de santé publique visent spécifiquement la réduction de consommation de ces produits ou l’amélioration de leur profil nutritionnel.

Effets sur la santé

Un apport trop élevé de sucres « libres » (liquides et solides) dans l’alimentation augmente le risque d’embonpoint, d’obésité, de diabète de type 2, de caries dentaires et de maladies cardiovasculaires9,10,11,12,13,14.

Recommandations

En 2015, l’Organisation mondiale de la santé recommande de fortement limiter l’apport de sucres « libres », qui ne devrait pas dépasser 10 % de l’apport énergétique total, allant jusqu’à suggérer de ne pas dépasser 5 %, tant pour les enfants que les adultes15. Ainsi, pour un adulte consommant 2 000 kcal quotidiennement, cela représenterait un maximum d’environ 12 cuillères à thé de sucres « libres ». C’est également ce que préconise la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC au Québec16.

Références