Alimentation dans les villes

Les municipalités occupent un rôle stratégique dans la prévention de l’obésité et de plusieurs maladies, car leurs interventions ont des impacts immédiats sur l’environnement et les modes de vie des citoyens.

Les possibilités d’agir sont nombreuses et variées pour les municipalités qui désirent améliorer l’offre alimentaire et l’accès aux aliments sains, limiter l’implantation de restaurants rapides près des écoles, agir sur les déserts alimentaires ou favoriser l’accessibilité aux aliments frais.

Alors que la malbouffe semble traditionnellement associée à la cantine de l’aréna ou du centre sportif, son omniprésence n’est pas cohérente avec la pratique de sports ou la promotion de l’activité physique qui y ont lieu.

Des lieux exemplaires ?

Par le biais de sa Vision de la saine alimentation – Pour la création d’environnements alimentaires favorables, le ministère de la Santé et des Services sociaux encourage les villes québécoises à offrir une variété d’aliments dont la majorité constitue de bons ou d’excellents choix en termes de valeur nutritive. Il les invite aussi à limiter la vente d’aliments dits « d’exception », telles que les boissons sucrées ou les fritures. En principe, toujours selon cette vision, l’offre alimentaire municipale devrait alors être globalement plus intéressante que celle des restaurants.

Une réalité à améliorer

Pourtant, les portraits de l’offre alimentaire disponibles à ce jour révèlent que de nombreuses améliorations sont requises pour se conformer à cette vision. À titre d’exemple, en 2007, une étude de la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale1 a révélé que peu d’options santé étaient offerts aux consommateurs dans les installations sportives et que :

  • une boisson gazeuse coûtait 1 ½ à 2 fois moins cher que l’eau ou les jus
  • on retrouvait de nombreux mets riches en gras saturés, en gras trans, en sodium et/ou en sucres concentrés.

De plus, un portrait de situation dans 16 arénas a été réalisé dans le cadre du projet La santé au menu, qui confirme les constats réalisés dans la Capitale :

  • les comptoirs alimentaires offraient majoritairement de la malbouffe (hotdogs, hamburger, frites, club sandwiches, boisson gazeuse, etc.) ;
  • environ 50 % des machines distributrices proposaient des aliments peu nutritifs ;
  • seulement la moitié des sites visités (8) offrait aussi des aliments plus intéressants du point de vue nutritionnel, tels que des crudités, des paninis, des soupes, des salades, etc.

Ces exemples démontrent que l’offre alimentaire de certains milieux municipaux mérite d’être bonifiée afin de proposer aux citoyens un environnement où les choix sains sont attrayants et accessibles.

Heureusement, plusieurs municipalités ont pris conscience du rôle qu’elles peuvent jouer afin de rendre les choix santé plus faciles pour leur population. Ainsi, elles sont nombreuses à poser des gestes concrets. Pour celles qui songent à passer à l’action, plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour assurer la réussite de leurs initiatives. Un soutien et des ressources supplémentaires peuvent également contribuer au succès de ce changement important.

Politiques alimentaires

Granby

Le 19 août 2013, la Ville de Granby adopte une politique alimentaire, qui bannit les fritures et boissons énergisantes de ses établissements. La Ville souhaite aussi diversifier et mettre en valeur l’offre d’aliments sains.

Sherbrooke

Le 4 février 2013, la Ville de Sherbrooke adopte la Politique alimentaire pour les infrastructures sportives, les événements et les fêtes populaires.

Cette politique comporte les cinq orientations suivantes :

  • offrir des repas et des collations de haute valeur nutritive ;
  • intégrer les principes du développement durable à l’ensemble des activités des services alimentaires ;
  • favoriser l’accessibilité physique à une variété d’aliments de haute valeur nutritive ;
  • promouvoir la saine alimentation auprès des clientèles des services alimentaires ;
  • assurer le développement des compétences du personnel

Gatineau

Le 29 mars 2011, la Politique alimentaire de la Ville de Gatineau. Pour des choix santé ! est adoptée. Elle vise, entre autres, à « élargir les choix alimentaires par l’intégration d’aliments à la fois savoureux et nutritifs », tout en considérant que « dans certains cas, des aliments ayant une forte teneur en sucre, en sel ou en gras trans et saturés pourront être bannis ».

Les orientations de la politique prévoient que les changements réalisés dans l’offre alimentaire soient effectués de façon progressive et avec la participation de tous les acteurs touchés, tout en se préoccupant du maintien de l’accès économique aux aliments nutritifs proposés.

Arrondissement Côte-des-neiges–Notre-Dame-de-Grâce

Cet arrondissement de Montréal a adopté une Politique en faveur des saines habitudes de vie, dont la mission vise à « encadrer l’offre alimentaire, promouvoir les aliments et les boissons santé et éliminer les aliments contenant des gras trans dans tous les établissements municipaux qui relèvent de son autorité et lors des événements organisés par l’arrondissement ou par des promoteurs publics sur son territoire. »

Entrée en vigueur le 1er septembre 2010, cette politique avait pour objectif de « créer […] un environnement alimentaire qui met de l’avant des aliments santé exempts de gras trans, rendant ainsi plus faciles les choix santé en matière d’alimentation. »

Pour en savoir plus, consultez le Volet 1 de cette politique.

En 2016, les élus ont adopté la 2e phase de ce Plan santé, qui résulte en un règlement favorisant l’adoption d’un mode de vie physiquement actif, une saine alimentation et le droit à un environnement de qualité. Ce règlement pro santé vise 9 objectifs, dont 3 en lien avec la saine alimentation : faciliter l’implantation de jardins communautaires, marchés et épiceries santé et limiter l’implantation de nouveaux restaurants rapides aux artères autoroutières plutôt que dans les milieux de vie.

Arrondissement de Verdun

En septembre 2006, le Conseil municipal de Verdun adopte la politique « Bonne bouffe » dans ses installations intérieures et extérieures, qui bonifie l’offre alimentaire en réclamant notamment une augmentation de la proportion d’aliments « reconnus par le Guide alimentaire canadien » et la mise en évidence de ces produits. Elle demande, par exemple, que soit éliminés les produits contenant des gras trans et que les boissons gazeuses soient progressivement remplacées par des boissons plus saines.


Références