Plusieurs maladies pourraient être évitées avec une alimentation de meilleure qualité. Or, celle des Québécois a besoin d’améliorations à plusieurs égards :

  • 61 % des Québécois ne consomment pas les portions quotidiennes recommandées de légumes et fruits ;
  • près de la moitié des calories consommées provient d’aliments ultra-transformés ;
  • les boissons sucrées sont surconsommées, particulièrement chez les jeunes.

La perte des compétences alimentaires et culinaires et un mode de vie axé sur la rapidité contribuent à ce portrait. Cependant, notre environnement défavorable à une saine alimentation est aussi un important contributeur. Les aliments riches en sucre, sel et gras saturés abondent et font l’objet d’un marketing incessant, alors que les options saines ne sont pas toujours accessibles. De plus en plus, l’omniprésence du sucre dans l’offre alimentaire inquiète, tout comme la qualité de l’information transmise au consommateur par l’emballage des produits alimentaires.

Heureusement, grâce à l’adoption d’un règlement entrant en vigueur le 15 septembre 2018, les gras trans industriels, les gras les plus nocifs pour la santé, ne seront plus une préoccupation au Canada.

 

Gras trans industriels

Il n’existe aucun niveau sécuritaire de consommation pour les gras trans, mais l’Organisation mondiale de la Santé recommande de ne pas dépasser 1 % de l’apport calorique quotidien provenant de ces gras néfastes. Même consommés en très petites quantités, les gras trans industriels sont démontrés néfastes pour la santé. En effet, hausser de 2 % sa consommation de calories provenant de gras trans est associé à une augmentation de 23 % des risques de maladies cardiovasculaires1. En d’autres mots, il faut en consommer le moins possible.

Comme les gras trans industriels peuvent être remplacés par des ingrédients moins dommageables, sans porter atteinte à l’appréciation et la diversité des aliments, le 20 juin 2007, le ministre de la Santé annonçait que Santé Canada avait adopté les normes suggérées par le Groupe de travail sur les gras trans. Du coup, l’industrie alimentaire a été incitée à les appliquer dans un délai de deux ans ; à défaut de quoi, le gouvernement canadien l’imposerait par une réglementation. Des progrès notables ont été observés, mais les rapports de surveillance montraient que les cibles n’avaient pas été complètement atteintes. Ainsi, depuis 2009, plusieurs groupes exigeaient l’encadrement promis.

Le 15 septembre 2017, au terme de nombreuses années de revendications et de consultations publiques, le gouvernement canadien a finalement interdit l’ajout d’huiles partiellement hydrogénées, principale source de gras trans industriels, dans les aliments vendus au Canada (fabriqués ici ou importés). Cette interdiction s’applique à compter du 15 septembre 2018.

Sucre

Les acteurs de santé publique et gouvernements s’inquiètent de plus en plus des effets qu’entraîne la surconsommation de sucres « libres » sur l’état de santé. Les sucres « libres » sont des sucres rapidement absorbés par le corps, qui incluent les sucres ajoutés dans les aliments par les fabricants (ex. : sucre, cassonade, glucose, sirop de maïs, etc.), de même que les jus de fruits, les concentrés de fruits purs, le miel et les sirops1.

Les fruits contiennent naturellement du sucre, mais ce n’est que lors de leur transformation en jus que ce sucre devient « libre », étant détaché des fibres du fruit. Cela explique pourquoi le jus de fruit, même dit « 100 % pur » et « sans sucre ajouté », doit être consommé avec modération et en petites quantités.

Consommation

Les aliments ultra-transformés constituent la principale source de sucres libres dans l’alimentation des Canadiens. Au Québec, 75 % des sucres « libres » proviendraient de ces produits, et ce, même si l’on exclut les ingrédients culinaires, dont font partie le miel et le sirop d’érable2. Ceux-ci sont généralement vendus en grosses portions et font l’objet d’une promotion publicitaire intensive, en plus d’être3,4 :

  • à très haute teneur énergétique,
  • faibles en nutriments,
  • riches en sucre, sel et gras.

Au Canada, 66 % des aliments ultra-transformés disponibles sur les tablettes de supermarchés contiendraient au moins un type de sucre ajouté5. Dans certaines catégories de produits, le pourcentage de calories issues de sucres « libres » est excessivement élevé : 70 % des calories des boissons trouvées en épicerie seraient constituées de sucres « libres », devançant largement celle des desserts (41 %) et des friandises (62 %)6.

En ce qui concerne les boissons sucrées, de nombreuses études établissent un forte association entre celles-ci et le surpoids, notamment chez les enfants. Elles sont aussi associées à la carie dentaire et à plusieurs maladies, dont le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Compte tenu de leur format, la consommation d’un seul contenant individuel de boisson sucrée peut suffire à atteindre ou dépasser les recommandations d’apport journalier en sucres « libres ». En général, plus la consommation de produits ultra-transformés est importante – qu’il s’agisse de boissons sucrées ou non –, plus les risques de dépasser les limites quotidiennes recommandées de sucres « libres » sont élevés7.

Effets sur la santé

Un apport trop élevé de sucres « libres » (liquides et solides) dans l’alimentation augmente le risque d’embonpoint, d’obésité, de diabète de type 2, de caries dentaires et de maladies cardiovasculaires9,10,11,12,13,14.

Recommandations

En 2015, l’Organisation mondiale de la santé recommande de fortement limiter l’apport de sucres « libres », qui ne devrait pas dépasser 10 % de l’apport énergétique total, allant jusqu’à suggérer de ne pas dépasser 5 %, tant pour les enfants que les adultes15. Ainsi, pour un adulte consommant 2 000 kcal quotidiennement, cela représenterait un maximum d’environ 12 cuillères à thé de sucres « libres ». C’est également ce que préconise la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC au Québec16.


Références

Étiquetage nutritionnel

En 2016, Santé Canada a apporté des modifications au règlement sur l’étiquetage nutritionnel en ce qui concerne le tableau de valeur nutritive et la liste des ingrédients. À la suite de cette décision, l’industrie dispose de cinq ans, à savoir jusqu’au 14 décembre 2021, pour se conformer aux nouvelles règles sur l’emballage de ses produits.

Bien qu’imparfaite, la Coalition Poids s’est réjouie du fait que cette réforme force un regroupement des différents sucres dans la liste d’ingrédients (dans une parenthèse devancée du mot « sucre »), ce qui permettra au consommateur de mieux les repérer. Il s’agissait d’une demande de la Coalition Poids manifestée lors des diverses consultations de Santé Canada, entre 2014 et 2016.

Des consultations complémentaires de Santé Canada et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments se poursuivent par rapport aux allégations nutritionnelles, à l’étiquetage sur le devant des emballages et à la modernisation de certains règlements. La Coalition Poids y participe. Pour un aperçu de nos actions, visitez la section Interventions.