Il n’existe aucun niveau sécuritaire de consommation pour les gras trans, mais l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 1 % de l’apport calorique quotidien provenant de ces gras néfastes. En d’autres mots, il faut en consommer le moins possible. Pourtant, on les retrouve encore aujourd’hui dans plusieurs produits.

Même consommés en très petites quantités, les gras trans industriels sont démontrés néfastes pour la santé. En effet, hausser de 2 % sa consommation de calories provenant de gras trans est associé à une augmentation de 23 % des risques de maladies cardiovasculaires1.

Les gras trans industriels peuvent être remplacés par des ingrédients moins dommageables, et ce, sans porter atteinte à l’appréciation et la diversité des aliments. Depuis les années 2000, plusieurs juridictions ont encadré l’utilisation des gras trans industriels avec succès, certaines les ayant même complètement éliminés de leur offre alimentaire.

Rôle des provinces

Même si les provinces n’ont pas le pouvoir d’encadrer l’ensemble de l’offre alimentaire, elles peuvent contribuer à réduire la consommation des gras trans industriels, en les éliminant au moins dans les restaurants. Sachant qu’un nombre croissant de citoyens s’alimentent au restaurant plusieurs fois par semaine, que les portions offertes ont grossi et que plusieurs mets servis contiennent encore des gras trans industriels, réglementer cette offre alimentaire est susceptible de contribuer significativement à la santé des Québécois. Cette mesure prend aussi tout son sens quand on sait que les menus pour enfants proposent souvent des mets riches en gras trans et que l’apport maximal total en cette graisse, selon les normes de l’OMS, est d’environ 1 g par jour chez les enfants.

Les provinces ont avantage à agir, car elles paient les conséquences de l’absence d’encadrement fédéral à travers leur système de santé. Ainsi, en septembre 2009, la Colombie-Britannique est devenue la première province à limiter strictement l’usage des gras trans industriels dans ses restaurants.

Depuis plusieurs années, les restaurateurs ont à leur disposition l’information nécessaire pour adapter leur menu. Certains restaurants ont déjà relevé le défi d’éliminer complètement les gras trans industriels. Néanmoins, il reste encore beaucoup à faire pour que cette tendance se généralise.

En septembre 2009, la Colombie-Britannique a été la première province canadienne à limiter leur présence dans ses restaurants. Depuis, l’appui pour un encadrement et l’élimination des gras trans industriels n’a cessé de croître.

Rôle du gouvernement fédéral

Le 20 juin 2007, le ministre fédéral de la Santé annonçait que Santé Canada adoptait les normes suggérées par le Groupe de travail sur les gras trans. Du coup, l’industrie alimentaire a été incitée à appliquer ces normes dans un délai de deux ans; à défaut de quoi, le gouvernement canadien l’imposerait par une réglementation.

Des progrès notables ont été observés, mais les plus récents rapports de surveillance témoignent que les cibles n’ont pas été complètement atteintes. Pourtant, aucun règlement n’a encore été mis en place. Depuis 2009, plusieurs groupes exigent un encadrement au niveau fédéral, sans succès.

Appui de la population

En septembre 2014, un sondage Ipsos, réalisé pour le compte de la Coalition Poids, montre que l’interdiction des gras trans dans les restaurants reçoit l’appui de 3 Québécois sur 4 (73 %).

Politiques existantes

Plusieurs juridictions ont mis en place des mesures législatives qui visent à obliger les restaurateurs à limiter leur utilisation de gras trans industriels ou à éliminer complètement ceux-ci de l’offre alimentaire. En voici quelques exemples souvent cités :

  • Danemark En application depuis le 1er janvier 2004, la loi danoise interdisant, dans toute l’offre alimentaire, les huiles et gras avec plus de 2 % de gras trans fait figure de proue. Largement respectée par les industries, cette loi n’a pas eu d’impact sur les coûts et la variété des aliments disponibles. Bien qu’il soit difficile d’isoler l’effet de cette mesure, des auteurs suggèrent qu’elle a considérablement réduit la mortalité cardiovasculaire dans le pays.
  • New-York Adopté en décembre 2006, un règlement interdit l’usage de gras trans industriels dans les restaurants de la Ville. Depuis le 1er juillet 2008, l’ensemble des 24 000 restaurants offrent ainsi aux clients des menus sans gras trans. Les contrevenants se voient imposer des amendes. Les études d’implantation ont révélé un haut taux de succès.
  • Colombie-Britannique Au Canada, cette province a démontré la faisabilité d’un recours provincial législatif pour encadrer l’utilisation des gras trans dans les aliments servis au restaurant. Selon les dispositions de sa Public Health Impediments, les huiles et margarines ne peuvent être utilisées dans les services de restauration de cette province que si elles contiennent 2 g de gras par 100 g ou moins, et seuls les aliments contenant moins de 5 % de gras trans peuvent être servis, à l’exception des produits préemballés. Ces paramètres correspondent aux normes recommandées par le Groupe de travail sur les gras trans. Des évaluations ont, ici aussi, démontré le succès de la mesure.

Au Québec, que pouvons-nous faire pour réduire la consommation de gras trans ? Consultez nos réalisations.


Références