Le prix est un facteur primordial dans le processus d’achat, qui pousse l’industrie des boissons sucrées à utiliser des stratégies qui lui servent à assurer l’accessibilité de ses produits et susciter l’achat, tels que :

  • une politique de prix par catégorie de boissons ;
  • des rabais omniprésents ;
  • des achats en grande quantité encouragés ;
  • des associations de rabais avec la grande distribution.

À cet égard, la Coalition Poids a produit un rapport sur les dessous du marketing des boissons sucrées, consacré au prix. Pour le consulter, cliquez ici.

Au Québec

Une taxe sur les boissons sucrées est une mesure fiscale qui permettrait de générer de nouveaux revenus tout en attribuant la coresponsabilité de l’industrie des boissons sucrées au fardeau de l’obésité. Il s’agit d’une mesure concrète et doublement payante pour les Québécois, puisqu’en plus de réduire l’impact d’un important contributeur à l’obésité, elle permet d’investir pour endiguer cette problématique. La mesure servirait à éponger une part des coûts de santé qu’entraîne la surconsommation de boissons sucrées au Québec.

Une population en santé est une source de dynamisme et de richesse dont la province ne peut se passer dans les décennies à venir. Par conséquent, une taxe sur les boissons sucrées dédiée à la prévention est l’une des mesures à mettre en place, parce qu’elle :

  • vise à améliorer les conditions de vie et de santé des Québécois ;
  • s’inspire d’une mesure fiscale mise en œuvre avec succès par d’autres législations ;
  • fait preuve de créativité devant l’urgence d’agir en prévention de l’obésité et des maladies chroniques, afin de :
    • réduire la pression exercée par le système de santé sur nos finances publiques ;
    • limiter les coûts sociaux et humains liés à l’invalidité et à la baisse de productivité ;
    • renverser les pronostics à l’effet que la génération actuelle serait la première génération dont l’espérance de vie en bonne santé est moindre que la précédente, en raison de ses habitudes de vie.

L’inclusion d’autres types de boissons sucrées (thés glacés, eaux vitaminées, boissons pour sportifs, énergisantes, etc.) permettrait de générer des revenus encore plus importants.

  • Une taxe d’un cent par litre de boisson gazeuse permettrait de générer des revenus annuels estimés à 8,6 millions de dollars.
  • Pour une taxe de 5 ¢ par litre, les revenus sont estimés à plus de 40 millions de dollars.
  • Pour une taxe de 10 ¢ par litre, les revenus pourraient atteindre plus de 80 millions de dollars.

Pour en savoir plus, consultez le mémoire de la Coalition Poids, Une taxe sur les boissons sucrées dédiée à la prévention : pour des finances publiques saines, déposé dans le cadre des consultations prébudgétaires 2017-2018.

D’ailleurs, le rapport du Commissaire au développement durable a reconnu la gravité de la problématique du poids, de même que l’urgence d’en faire davantage pour favoriser la saine alimentation, suggérant notamment d’envisager l’instauration d’une taxe sur les boissons sucrées. Ainsi, une telle mesure constituerait un levier permettant au gouvernement la mise en oeuvre d’actions de prévention à la hauteur de ses ambitions.

De plus, dans le rapport de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, la taxe sur les boissons sucrées est également identifiée comme une piste d’action à étudier . Les membres de la Commission ont retenu l’idée que « les sommes dégagées devraient être réinvesties dans la lutte contre l’obésité afin d’avoir un effet réel ».

La Plateforme d’évaluation en prévention de l’obésité (PEPO), de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec – Université Laval, a aussi publié l’ouvrage « Taxing Soda For Public Health: a Canadian Perspective », dans lequel est faite une analyse exhaustive du bien-fondé, des impacts potentiels et de l’applicabilité d’une politique de taxation des boissons sucrées en tant que mesure de santé publique visant à prévenir l’obésité et le diabète, en particulier au Canada. Les messages clés issus de cette analyse sont disponibles dans le résumé de l’ouvrage.

À cet égard, la taxation des produits nocifs pour la santé, dont font partie les boissons sucrées, est de plus en plus évoquée dans plusieurs juridictions à travers le monde, notamment pour :

  • générer des revenus pouvant être investis dans la prévention et la promotion de la santé ;
  • contrebalancer les dépenses de santé associées à la consommation de ces boissons, ainsi que les investissements marketing élevés de l’industrie ;
  • dénormaliser la consommation régulière de ces produits ;
  • réduire la consommation de ces boissons en instaurant une taxe importante.

La taxe sur les produits du tabac sert de fondement à cette proposition et dans ce cas précis, la dissuasion financière servant à faire la promotion de comportements sains a fait ses preuves.

À l'international

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Bénéfices de la taxe

  • Les personnes qui consomment les plus grandes quantités de boissons sucrées sont plus sensibles aux augmentations de prix et plus susceptibles de réduire leur consommation1,2.
  • Lorsque le prix des boissons sucrées augmente, la demande tend à diminuer. Une hausse de 10 % du prix résulterait en une diminution de consommation de 8 à 12,6 %3.
  • Une taxe sur les boissons sucrées, jumelée à une campagne d’information qui explique les effets positifs associés à une diminution de la consommation, a de meilleurs effets sur la réduction de leur consommation4.

À l’aide de rapports, consensus d’experts et revues de littérature, de nombreux professionnels de la santé et organisations appuient la taxe sur les boissons sucrées et démontrent les avantages d’une telle mesure, parmi lesquels l’Institute of Medecine of the National Academies, leYale Rudd Center for Food Policy and Obesity, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, Olivier De Schutter, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, l’American Public Health Association, l’Academy of Medical Royal Colleges, les Diététistes du Canada et l’Association canadienne du diabète.

En novembre 2012, un sondage Ipsos montre que 79 % des Québécois souhaitent l’instauration d’une redevance sur les boissons sucrées (boissons gazeuses, boissons énergisantes, etc.), qui serait payée au gouvernement par les embouteilleurs et dont les revenus seraient investis en prévention de l’obésité.