Virage santé à l’école, 10 ans plus tard : constats et recommandations

Pour souligner les 10 ans de la Politique-cadre Pour un virage santé à l’école, la Coalition Poids a réuni deux comités de travail, un sur la saine alimentation et l’autre sur l’activité physique. Le rapport Virage santé à l’école, 10 ans plus tard présente leurs constats et recommandations. Des sommaires sont aussi disponibles :

Alimentation à l’école

Activité physique à l’école

Image corporelle et stigmatisation à l’égard du poids

Partenariats et communications sur les saines habitudes de vie à l’école 

 

Faits saillants

Saine alimentation

  • L’offre des boissons n’est pas optimale dans les établissements scolaires. On retrouve des jus de fruits en quantité excessive et des jus de légumes trop salés. De plus, le lait au chocolat, aliment d’occasion, est parfois offert sur une base quotidienne aux élèves. Enfin,  l’eau n’est pas toujours facilement à la portée des jeunes.
  • Beaucoup d’améliorations restent à apporter à l’offre alimentaire. Malgré les directives de la Politique-cadre, des écoles auraient réintégré la friture à la cafétéria. Les portions de légumes sont souvent insuffisantes et les grains entiers sont encore très peu présents. Dans plusieurs cas, les élèves devraient aussi avoir accès à des collations ayant une meilleure qualité nutritionnelle.
  • Les aliments et boissons peu nutritifs, comme les boissons sucrées, se retrouveraient toujours entre les murs d’écoles. On relève plusieurs incohérences en ce qui concerne le retrait de ce type de produits : la vente de friandises lors de levées de fonds est encore répandue, les évènements spéciaux peuvent être à l’origine d’excès, l’offre alimentaire des membres du personnel n’est pas la même que celle des jeunes, de la publicité commerciale de produits alimentaires peu nutritifs est destinées aux élèves. On relate des dérapages concernant le contrôle du contenu des boîtes à lunch de la part d’établissements scolaires qui, sous prétexte d’appliquer la Politique-cadre, interdisent certains aliments. Cela démontre une mauvaise compréhension des orientations du Virage santé à l’école.
  • Le contexte dans lequel les repas se déroulent mérite plus d’attention. Les lieux sont souvent bruyants, mal équipés et pas adaptés au nombre d’élèves. Cela contraint parfois le personnel à organiser plusieurs périodes de dîner, forçant ainsi les enfants à manger rapidement. Il y a aussi un besoin de protocoles et d’infrastructures (ex. : lavabo pour laver les mains et surfaces dans les locaux) permettant une gestion plus efficace des allergies alimentaires.

Mode de vie physiquement actif

  • Les occasions pour que les jeunes soient physiquement actifs ne sont pas toujours saisies et créées par les écoles. Les périodes et la durée des récréations varient grandement selon les établissements. Le temps réel accordé aux cours d’éducation physique et à la santé ne concorde souvent pas avec celui que suggère le ministère de l’Éducation. Si l’on exclut cette matière, l’activité physique est rarement intégrée dans les autres contextes d’apprentissage. En dehors des heures de cours, les activités parascolaires tendent à attirer les jeunes déjà actifs et les périodes de services de garde représentent une opportunité encore sous-exploitée. Enfin, le trajet pour aller et revenir de l’école se fait de moins en moins en transport actif.
  • On observe plusieurs obstacles dans l’offre d’activités physiques en milieu scolaire : une offre pas suffisamment variée, un manque de formation du personnel qui les organise, une crainte exagérée de blessures menant à l’interdiction d’activités et un manque d’habileté motrice des jeunes.
  • Les infrastructures dans lesquelles les jeunes ont l’occasion d’être physiquement actifs peuvent être améliorées : certaines écoles pourraient être mieux aménagées et conçues, tout comme les gymnases. Dû à des contraintes logistiques, le matériel dont disposent les écoles est parfois peu ou pas utilisé, ce qui limite la variété des activités. Les trajets que les élèves utilisent pour se rendre à l’école devraient aussi faire l’objet de plus d’attention, puisque le manque de sécurité limite le transport actif.

Pour davantage de constats, consultez le rapport ou ses sommaires.

Recommandations

Les recommandations font l’objet d’un consensus et s’appliquent à l’ensemble des activités et acteurs qui font partie de l’environnement scolaire, que ce soit pendant ou hors des heures de classes. Si elles ciblent des actions spécifiques, leur application doit tout de même s’inscrire dans une stratégie globale ayant le bien-être des élèves au cœur des préoccupations.

De façon générale, les constats ont mis en lumière la nécessité de directives ministérielles pour réduire les inégalités des chances entre les enfants des différents milieux. La promotion des bonnes pratiques, de même que du soutien professionnel et financier sont également indispensables au plein essor de la Politique-cadre.

 

Promouvoir une saine alimentation

  • Réviser l’information concernant les jus et le lait au chocolat, insister pour le retrait des boissons sucrées des écoles et assurer l’accès à l’eau pour les élèves, en tout temps.
  • Réaliser un nouveau portrait de la qualité nutritionnelle des menus offerts à l’école.
  • Soutenir l’intégration d’activités permettant le développement des compétences alimentaires et culinaires en classe, en parascolaire et au service de garde.
  • Subventionner :
    • l’installation de fontaines et de stations d’approvisionnement garantissant l’accès facile à l’eau dans les milieux où cela est nécessaire ;
    • l’aménagement d’aires de repas conviviales ;
    • l’achat de petits équipements e de cuisine (ex. : ustensiles, bols, planches à découper, etc.) ou de jardinage (ex. : bacs, terre, pelles, truelles, etc.) pour les écoles dans un but pédagogique ;
    • l’achat d’aliments sains à des fins éducatives ou pour les services alimentaires.

Harmoniser les pratiques relatives à l’alimentation et s’assurer qu’elles soient basées sur les meilleures connaissances

  • Recadrer la portée de la Politique-cadre en précisant que les critères de qualité pour l’offre alimentaire ne concernent pas les aliments entrant dans l’école par le biais des boîtes à lunch et des collations.
  • Guider les écoles à propos de :
    • l’encadrement et du contexte de la prise des repas et des collations (fréquence, moment, type, bonnes pratiques) ;
    • la gestion des allergies alimentaires ;
    • l’offre alimentaire lors des occasions spéciales.

Maximiser les occasions d’être physiquement actif

  • Rendre obligatoire un temps minimal consacré aux cours d’éducation physique et à la santé.
  • Instaurer au moins deux pauses par jour d’un minimum de 15 minutes chacune au préscolaire et au primaire.
  • Intégrer des moments d’activités physiques au quotidien à d’autres disciplines d’enseignement que l’éducation physique et à la santé ainsi que dans différents contextes scolaires.
  • Encourager une variété d’activités physiques dans le cadre d’activités parascolaires et intramurales rejoignant le maximum de jeunes, tout en prêtant une attention spécifique aux moins actifs et aux particularités de la pratique des filles.
  • S’assurer de rendre le matériel d’activités physiques accessible à l’ensemble des jeunes durant les heures d’école.
  • Favoriser des déplacements actifs sécuritaires.
  • Augmenter le temps actif des jeunes dans la planification hebdomadaire des services de garde.

Soutenir les milieux dans la mise en œuvre de la Politique-cadre Pour un virage santé à l’école

  • Assurer la présence d’une ressource de soutien en nutrition accessible aux écoles pour adapter ou réviser leurs pratiques, activités ou communications en nutrition.
  • Mandater et libérer, dans chaque établissement, un membre de l’équipe-école qualifié pour former, accompagner et transférer l’expertise auprès de celle-ci en matière de planification, d’organisation et de réalisation d’activités physiques et sportives.

Références