Une initiative parrainée par l'Association pour la santé publique du Québec

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Causes

Bien que le surplus de poids s’explique par un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et celles dépensées, la problématique de l’obésité demeure très complexe.

Plusieurs facteurs individuels et environnementaux influencent le poids corporel, augmentant ainsi la complexité de la résolution du problème [1]. Les habitudes alimentaires et la pratique d’activités physiques ont un impact considérable sur la prise de poids. L’environnement dans lequel nous vivons influence grandement nos habitudes alimentaires et notre niveau d’activité physique [2]. Il est difficile de faire des choix santé si aucun aliment santé ou espace pour bouger n’est disponible.

Causes de l’épidémie d’obésité selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) identifie cinq facteurs « probables et convaincants » liés à l’épidémie d’obésité [3] :

  1. Les modes de vie sédentaires
  2. La grande consommation d’aliments à haute teneur énergétique et à faible valeur nutritive
  3. Le marketing intense et abondant d’aliments à haute densité énergétique et des commerces de fast-food
  4. La grande consommation de boissons gazeuses ou de jus sucrés
  5. Les conditions socioéconomiques défavorables

Selon l’OMS, une croissance aussi rapide et globale de l’obésité ne peut être attribuée uniquement à la responsabilité des individus [4]. C’est un problème de société qui interpelle autant les décideurs de l’industrie et du monde politique.

                                       

[3] Organisation mondiale de la Santé (2003). Diet, nutrition and the prevention of chronic diseases. Report of a joint WHO/FAO expert consultation, WHO Technical report series 916. Repéré à http://www.who.int/hpr/NPH/docs/who_fao_expert_report.pdf 

[4] Organisation mondiale de la Santé (2004), Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé, WHA 57.17.

Alimentation

La consommation de fruits et légumes est un facteur préventif de plusieurs problèmes de santé dont l’obésité, les maladies cardiovasculaires et les cancers [5, 6, 7, 8]. Les saines habitudes alimentaires développées dès l’enfance et conservées à l’âge adulte réduisent le risque de développer des maladies chroniques [9].

Portrait de l'alimentation

Au Québec

  • 47 % des adultes (12 ans et plus) consomment moins de 5 fruits et légumes par jour [10].
  • La moitié des adultes consomment des aliments préparés à l’extérieur de la maison, dont 18 % les consomment d’un restaurant rapide [11].
  • Au moins 34 % des enfants de 6 à 8 ans et 44 % des jeunes de 15 à 16 ans consomment quotidiennement des bonbons ou des boissons gazeuses [12].
  • Les boissons sucrées remplacent petit à petit les boissons de base telles que l’eau et le lait :
    • Environ 20 % des enfants québécois de 4 ans consomment chaque jour des boissons sucrées [13].
    • Environ 20 % des jeunes québécois de 15 à 17 ans consomment chaque semaine des boissons énergisantes [14].

                                       

[10] Statistique Canada. Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. Récupéré d’Éco-Santé Québe 2010 : http://www.ecosante.fr

[11] Blanchet C. & al. (2009). La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois. Rapport de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (Cycle 2.2). Québec : Institut national de santé publique du Québec.

[12] Lavallée, C. (2004) Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois, Volet nutrition, Institut de la statistique du Québec.

[13] Desrosiers, H. et coll. (2005). Enquête de nutrition auprès des enfants québécois de 4 ans, Québec, Institut de la statistique du Québec, collection Santé et Bien-être, 152 p.

[14] Alliance sherbrookoise pour des jeunes en santé (Avril 2010). Portrait des jeunes sherbrookois de 4 à 17 ans en matière d'alimentation et d'activité physique et sportive. p.30

Est-il facile de bien manger?
  • Les comportements alimentaires des enfants, comme ceux des adultes, sont influencés par l’ensemble des éléments de l’environnement, incluant la disponibilité de la nourriture à l'intérieur et à l'extérieur de la maison [15].
  • L’offre alimentaire a considérablement changé au cours des dernières années, influençant indéniablement les comportements de consommation.
    • Les aliments prépréparés et achetés à l’épicerie ou encore préparés dans un restaurant sont de plus en plus consommés par les Québécois [16].
    • Phénomène inquiétant : les problèmes de santé liés à la surconsommation de malbouffe se manifestent maintenant dès l’enfance [17].
  • Les horaires de travail chargés et le mode de vie réduisent souvent le temps consacré à l’achat des aliments et à la préparation des repas [18, 19, 20].
  • Les enfants mangent plus souvent à l’extérieur de la maison et la profusion et l’accessibilité des restaurants rapides contribuent à l’augmentation de la consommation de « malbouffe » chez les jeunes.
    • Bien souvent, les menus pour enfants sont majoritairement composés de hamburger, de frites et de boissons sucrées à haute teneur calorique et riche en sodium.
    • Il n’est pas étonnant de constater que le nombre de calories consommé soit presque deux fois plus élevé pour un repas pris au restaurant que pour un repas pris à la maison.

                                       

[15] Mikkelsen, L., Chehimi, S. (2007). The links between the neighbourhood food environment and childhood nutrition. Prevention Institute, California, USA: Robert Wood Johnson Foundation.

[16] Blanchet C. & al. (2009). La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois. Rapport de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (Cycle 2.2). Québec : Institut national de santé publique du Québec.

[17] Wootan, M.G., Batada, A., Marchlewicz, E. (2008) Kid’s meal : Obesity on the menu. Center for Science in the Public Interest. Washington.

[18] Blanchet C. & al. (2009). La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois. Rapport de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (Cycle 2.2). Québec : Institut national de santé publique du Québec.

[19] Taylor JP, Evers S, McKenna M. (2005). Les déterminants de la saine alimentation chez les enfants et les jeunes. Revue canadienne de santé publique. 96 (Suppément 3): S22-S29.

[20] Pettinger C, Holdsworth M, Gerber M. (2006). Meal patterns and cooking practies in Southern France and Central England. Public Health Nutrition. 9(8) : 1020-1026.

Activité physique et sédentarité

La sédentarité est un facteur de risque important pour l’obésité. La pratique régulière de l’activité physique améliore la santé et la qualité de vie, prévient les maladies chroniques et renforce la cohésion sociale [21].

Selon l’OMS, seulement 4 enfants sur 10 font suffisamment d’activité physique [22].

Normes canadiennes en matière d'activité physique
 

  • Enfants : 60 minutes d'activité physique par jour
  • Adultes : 150 minutes d'activité physique par semaine

Le niveau d’activité physique des Canadiens et des Québécois est nettement insuffisant.

Portrait de l'activité physique et de la sédentarité

Au Canada

En 2007-2009

  • Adultes : seulement 15 % des Canadiens adultes atteignent 150 minutes par semaine [23].
    • 17 % chez les hommes
    • 14 % chez les femmes
  • Enfants : seulement 7 % de jeunes Canadiens atteignent 60 minutes d’activités physiques par jour [24].
    • 9 % chez les garçons
    • 4 % chez les filles

Les adultes et les jeunes sont sédentaires pendant la majorité de leurs heures d'éveil :

Temps d'éveil consacré à des activités sédentaires [25]
Population Heures consacrées à des activités sédentaires par jour (moyenne) % du temps d'éveil consacré aux activités sédentaires
Adultes 9,5 heures 69 %
Enfants 8,6 heures 62 %

Au Québec

  • Enfants de 6 à 11 ans (2004) :
    • 27 % des garçons font moins de sept heures par semaine d’activité physique d’intensité moyenne ou élevée durant leurs loisirs [26].
    • 49 % des filles font moins de sept heures par semaine d’activité physique d’intensité moyenne ou élevée durant leurs loisirs [27].
  • Enfants de 12 à 17 ans (2007-2008) :
    • 48 % des garçon font moins de sept heures par semaine d’activité physique d’intensité moyenne ou élevée durant leurs loisirs [28].
    • 65 % des filles font moins de sept heures par semaine d’activité physique d’intensité moyenne ou élevée durant leurs loisirs [29]. 

                                       

[23, 24, 25] Colley RC, Garriguet d, Janssen I, Craig CL, Clarke J et Tremblay MS (Janvier 2011). Activité physique des adultes au Canada : résultats d’accélérométrie de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2007-2009. (Publication no 82-003-X). Ottawa : Statistique Canada.

[26, 27] Nolin B et Hamel D (2008). L’activité physique au Québec de 1995 à 2005 : gains pour tous… ou presque. Dans : L’état de Québec 2009 : tout ce qu’il faut savoir sur le Québec d’aujourd’hui, sous la direction de Fahmy M, Fides, Montréal, p.271-277.

[28, 29] Institut national de santé publique du Québec (2009). Santéscope : la santé au Québec, comparée, analysée et interprétée – Activité physique de loisirs.

Avons-nous vraiment l’opportunité de bouger davantage?
  • La popularité de l’automobile, comme moyen de transport, a largement dépassé la marche et le vélo [30].
    • Au Québec, 55 % des adultes marchent moins d’une heure par semaine pour se déplacer [31].
    • Depuis 30 ans, les enfants marchent de moins en moins pour aller à l’école alors que les problèmes de poids et les taux d’obésité augmentent de manière alarmante.
      • En 1971, environ 80 % des enfants canadiens de 7-8 ans marchaient pour se rendre à l’école [32].
      • En 2008, seulement 30 % des écoliers québécois marchent pour se rendre à l’école [33].
  • Les espaces suburbains sont associés à des modes de vie peu actifs, à la pollution de l’air et sonore et aux traumatismes routiers qu’ils induisent, car cette forme d’occupation du territoire suscite l’usage intensif de l’automobile [34].
    • L’étalement urbain, développé en périphérie des grandes villes, favorise la prévalence d’excès de poids [35].
    • En plus de favoriser la dépendance à l’automobile, l’étalement urbain de même que l’aménagement d’autoroutes en milieu urbain sont associés à un mode de vie sédentaire [36, 37].
  • Aménager nos villes avec des trottoirs, des pistes cyclables et des mesures d’apaisement de la circulation pour sécuriser et favoriser les déplacements à pied et à vélo représente l’une des solutions à envisager pour intégrer une activité physique quotidienne.
  • Une présence importante d’infrastructures récréatives et sportives comme les parcs, les piscines, les terrains de jeux et les clubs sportifs augmente la pratique d’activité physique [38].
    • Les enfants qui vivent dans les quartiers où se trouve un plus grand nombre de parcs, d’espaces verts et d’aires récréatives s’engagent davantage dans le transport actif [39].
    • Il existe un lien très fort entre la marche et le nombre d’espaces publics ouverts et récréatifs se trouvant à proximité (parcs, terrains de jeu, terrains de sport) [40].
    • Les parcs et espaces verts doivent être fonctionnels et versatiles pour tous les âges et suffisamment grands pour prendre de l’accélération (courir et jouer).

La contribution des décideurs nationaux, régionaux et locaux issus des domaines de la santé, du transport, de l’environnement, du sport, des loisirs, de l’éducation et de l’urbanisme est nécessaire pour faire en sorte que le choix d’être physiquement actif soit facile à faire et accessible pour tous les individus.

À cet effet, la Charte de Toronto réalisée par le Global Advocacy Council of Physical Activity et l’International Society for Physical Activity and Health, est un outil intéressant pour engager les décideurs à prendre des moyens qui favoriseront l’activité physique.

                                       

[30] Lapierre L., Després C., Lewis P., Le May D. & Morency C. Atelier international sur le transport actif des enfants – Réflexions du Comité organisateur. Montréal : 24-25 septembre 2009.

[31] Nolin B et Hamel D. (2005). Les Québécois bougent plus mais pas encore assez. Dans Venne M. et A Robitaille (sous la direction), Annuaire du Québec 2006. Montréal : Fides, p.296-311.

[32] Association canadienne des loisirs et des parcs (1997). The Benefits Catalogue. Ottawa.

[33] Lewis P. et al. Le transport actif et le système scolaire à Montréal et à Trois-Rivières – Analyse du système d’acteurs concernés par le transport actif des élèves des écoles primaires au Québec. Montréal : Groupe de recherche Ville et mobilité.

[34] Gagnon F. (2010). Autorités de santé publique, politiques publiques et environnement bâti : cadre de référence. Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé. Non publiée.

[35, 36] Bergeron, P. et S. Reyburn (2010). L’impact de l’environnement bâti sur l’activité physique, l’alimentation et le poids. Québec : Direction du développement des individus et des communautés - Institut national de santé publique du Québec.

[37] Paquin S. (2008, été). L’aménagement du milieu bâti et le mode de vie physiquement actif : notions de base et piste d’action, Communication présentée à l’École d’été de la Direction de la santé publique de Montréal : Montréal.

[38] Bergeron, P. et S. Reyburn (2010). L’impact de l’environnement bâti sur l’activité physique, l’alimentation et le poids. Québec : Direction du développement des individus et des communautés - Institut national de santé publique du Québec.

[39, 40] Barnett T. (2009, 12 mars). Les enfants vivants à proximité d’espaces verts marchent davantage. Communiqué de l’Université de Montréal. Repéré à http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/les-enfants-vivant-a-proximite-despaces-verts-marchent-davantage.html

[1] Bergeron, P. et S. Reyburn (2010). L’impact de l’environnement bâti sur l’activité physique, l’alimentation et le poids. Québec : Direction du développement des individus et des communautés - Institut national de santé publique du Québec.

[2] Mikkelsen L, Chehimi S. The Link Between the Neighborhood Food Environment and Childhood Nutrition. Robert Wood Johnson Fondation. 2007.

[5] Steinmetz KA, Potter JD. Vegetable, fruit and cancer prevention: a review. J Am Diet Assoc 1996; 96(10): 1027-39

[6] Ness AR, Powles JW. Fruit and vegetable and cardiovascular disease: a review. Int J Epidemiology 1997; 21(1): 1-13

[7] Rimmi EB & al. Vegetable, fruit and cereal fiber intake and risk of coronary heart disease among men. JAMA 1998; 275: 447-51

[8] Cox BD & al. Seasonal consumption of salad vegetable and fresh fruit in relation to the development of cardiovascular disease and cancer. Public health nutr 2000; 3(1):19-29

[9] Byrne E and NS. Preschool Children’s Acceptance of Novel Vegetable Following Exposure to Messages in a Storybook. Journal of Nutrition Education and Behavior, 34(4): 211-214, 2002.

[21] Global Advocacy Council of Physical Activity, International Society of Physical Activity and Health (2010). La Charte de Toronto pour l’activité physique : un appel mondial à l’action. Repéré à www.globalpa.org.uk  

[22] Organisation mondiale de la Santé (2005). Global strategy on diet, physical activity and health. Genève.