Une initiative parrainée par l'Association pour la santé publique du Québec

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Solutions prometteuses

« Diminuer la consommation de boissons sucrées » fait partie des 6 stratégies basées sur des preuves identifiées par le Center for disease control and prevention pour prévenir et réduire le surpoids et l’obésité [1].

Le pouvoir d’attraction des boissons sucrées peut être réduit par différentes mesures qui pourraient être mises en place par les décideurs de l’industrie et de tous les paliers gouvernementaux en agissant notamment sur : 

Contenu et emballage
  • Soumettre toutes les boissons présentement commercialisées comme des aliments au Règlement sur les aliments et les drogues, ce qui obligerait les fabricants à fournir un tableau de valeur nutritive.
    • Cette recommandation a été entendue par le gouvernement fédéral qui a entrepris la transition par étapes des produits alimentaires actuellement vendus comme produit de santé naturel au cadre réglementaire des aliments. Ce processus s’est amorcé en octobre 2011 avec les boissons énergisantes et en avril 2012 pour les autres catégories de boissons [2]. Les tableaux nutritionnels devront être présents sur tous les aliments au plus tard en mars 2014 [3].
  • Mettre en place un groupe de travail pour déterminer les meilleures pratiques en matière d’étiquetage nutritionnel, visant à simplifier l’information nutritionnelle pour la rendre accessible à tous.
  • Indiquer clairement sur le devant des canettes que les boissons énergisantes sont déconseillées aux moins de 18 ans.
  • Créer un groupe de travail sur le sucre pour émettre des recommandations quant à la consommation de différentes formes de sucre par les Canadiens et à la possibilité de limiter le contenu en sucre dans les boissons sucrées.
  • Revoir à la baisse le contenu maximal en caféine autorisé dans les boissons énergisantes, en tenant compte des autres sources de caféine consommées par les jeunes.
    • En octobre 2011, la ministre de la Santé a annoncé une nouvelle approche de gestion des boissons énergisantes qui inclut une limite de la quantité totale de caféine à 400 mg par litre ou 180 mg pour un contenant individuel de boisson [4].
    • En septembre 2011, un groupe d’experts recommandait plutôt une dose maximale de 320 mg par litre et de 80 mg par contenant à dose unique, considérant la consommation de caféine d’autres sources [5].
Pour en savoir plus...

Consultez la section « Recommandations relatives au produit » dans le « Tome 1 - Le produit : une offre variée pour répondre à un marché segmenté » du rapport Les dessous du marketing des boissons sucrées.

Prix
Pour en savoir plus...

Consultez la section « Recommandations relatives au prix » dans le « Tome 2 - Le prix : un argument payant » du rapport Les dessous du marketing des boissons sucrées.

Distribution
  • Encourager les détaillants à revoir leur politique d’étalage pour limiter l’exposition des enfants et adolescents aux boissons sucrées.
  • Encourager les restaurateurs, et plus particulièrement les chaînes de restauration rapide, à proposer systématiquement et à mettre en valeur les breuvages plus nutritifs (eau, lait, jus de fruit 100% pur) plutôt que les boissons sucrées.
  • Interdire la vente de boissons énergisantes dans les établissements sportifs et les lieux fréquentés par les jeunes.
  • Limiter la distribution de boissons sucrées dans les établissements municipaux fréquentés par les jeunes (arénas, centres communautaires, etc.) et proposer systématiquement des alternatives plus nutritives.
    • Cette recommandation est appliquée par plusieurs villes qui ont choisi de bonifier leur offre alimentaire.
  • Interdire la vente de boissons sucrées dans les édifices sous juridiction provinciale et particulièrement ceux fréquentés par les jeunes (hôpitaux, écoles, etc.).
  • Interdire la vente de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 18 ans.
  • Explorer la faisabilité de restreindre la vente de boissons sucrées dans les pharmacies.
  • Interdire la vente de boissons sucrées dans les édifices sous juridiction fédérale et particulièrement ceux fréquentés par les jeunes (aéroports, parcs nationaux, etc.).
Pour en savoir plus...

Consultez la section « Recommandations quant à la distribution des boissons sucrées » dans le « Tome 3 - La distribution : toujours une boisson sucrée à portée de main » du rapport Les dessous du marketing des boissons sucrées.

Promotion
  • Au Québec, moderniser les règles d’application de la Loi sur la protection du consommateur concernant la publicité destinée aux enfants afin qu’elles tiennent compte des nouvelles habitudes de consommation médiatique des jeunes ainsi que du développement de nouvelles techniques de publicité.
  • En l’absence d’une réglementation fédérale interdisant la publicité aux enfants, les provinces et les territoires devraient explorer la possibilité d’instaurer une loi similaire à celle du Québec et engager une discussion avec les parents et les organismes à ce sujet.
  • Considérer l’introduction d’une réglementation fédérale similaire à celle du Québec afin d’interdire la publicité destinée aux enfants en amendant la Loi sur les aliments et drogues ainsi que la Loi sur la concurrence.
  • Créer un comité analysant les moyens de réduire l’impact de la promotion des boissons sucrées. S’assurer que les réglementations provinciales et fédérales soient soutenues par des ressources financières suffisantes et une structure adéquate pour superviser efficacement les pratiques publicitaires. 
Pour en savoir plus...

Consultez la section « Recommandations quant à la promotion des boissons sucrées » dans le « Tome 4 - La promotion : s’acheter une image positive auprès des jeunes » du rapport Les dessous du marketing des boissons sucrées.

Imposer une redevance sur les boissons sucrées et énergisantes

L’idée d’imposer une redevance aux fabricants de boissons sucrées et énergisantes est de plus en plus populaire partout à travers le monde. Plusieurs organismes reconnus l’identifient comme l’une des stratégies les plus prometteuses pour les gouvernements et porteuses en termes de coût-bénéfices.

Il s’agit d’une mesure simple, réaliste et réalisable qui permettrait à la fois de :

  • réduire le pouvoir d’attraction des boissons sucrées 
  • recueillir des fonds pour investir davantage en prévention, notamment pour faciliter l’accès aux aliments sains.

Pour investir en prévention

La redevance doit être vue comme un levier supplémentaire pour financer des actions de prévention porteuses et complémentaires. La redevance est une mesure concrète, réaliste, rapidement applicable. Elle générera des revenus qui pourront être investis efficacement dans la prévention et la promotion de la santé.

La redevance ne doit pas être considérée comme une solution à court terme dans la prévention de l’obésité, mais plutôt comme un levier qui permettra de dénormaliser la consommation régulière de boissons sucrées et d’obtenir des fonds qui pourraient notamment faciliter l’accès aux aliments sains.

À titre d'exemple...

Au Québec, chaque tranche de redevance d'un 1 ¢ par litre de boissons gazeuses permettrait de générer des revenus annuels escomptés de 8,6 millions $. Ainsi :

  • À 5 ¢ par litre, les revenus seraient estimés à plus de 40 millions $.
  • À 10 ¢ par litre, les revenus pourraient être de plus de 80 millions $.
  • Etc.

En incluant d’autres boissons sucrées telles que les boissons fruitées, les boissons pour sportifs et les eaux vitaminées, les revenus à réinvestir en prévention seraient encore plus considérables, tout en envoyant un message clair quant à la surconsommation de boissons avec sucre ajouté.

Impacts potentiels de la redevance

Sur la consommation

  • La demande pour les boissons gazeuses est élastique (- 1,15) ce qui signifie qu’une redevance de 10 % pourrait réduire la consommation de 11,5 % [6].
  • Ceux qui consomment les plus grandes quantités de boissons sucrées sont plus sensibles aux augmentations de prix et plus susceptibles de réduire leur consommation en fonction du prix [7]. Dans une étude norvégienne [8] :
    • l’augmentation du prix des boissons gazeuses de 10,8 % a réduit la consommation de 17 % dans le groupe « à plus forte consommation » et de près de 7 % dans le groupe à « plus faible consommation ».
    • une augmentation du prix de 27,3 % a été associée à une baisse de la consommation de 17 % chez les plus petits consommateurs et de 44 % chez les plus grands consommateurs.
  • Dans une étude américaine portant sur les ménages à faible revenu, une augmentation de 10 % du prix des boissons gazeuses a été associée à une réduction de la consommation de 8 % [9].
  • Une étude publiée dans l’American Journal of Public Health [10] nous révèle qu’une augmentation du prix des boissons gazeuses régulières (non diètes) de 35 % dans une cafétéria d’hôpital de Boston a eu pour conséquence une baisse des ventes de 26 % tandis que l’éducation seule n’avait pas d’effet sur les ventes. Ainsi, les chercheurs concluent qu’une augmentation des prix peut être un mécanisme politique efficace pour réduire les ventes de boissons gazeuses régulières.

Sur le poids et le diabète de type 2

  • Une étude du Department of Agriculture’s Economic Research Service [11] souligne que :
    • une augmentation de 20 % du prix des boissons sucrées riches en calories pourrait diminuer de 37 calories la ration calorique journalière provenant des boissons chez les adultes et de 43 calories chez les enfants.
    • Cette diminution pourrait se traduire par une perte de poids moyenne de 3,8 livres par an chez les adultes et de 4,5 livres chez les enfants.
  • L’indice de masse corporelle (IMC) s’avère difficile à modifier à court terme. Cependant, une augmentation de 10 % du prix des aliments denses en calories est associée à une baisse de 0,22 de l’IMC sur 2 ans et d’un à deux points sur 20 à 30 ans [12].
  • En 2010, Eric A. Finkelstein publiait son étude sur l’impact d’une taxe sur les ménages à revenus faibles et élevés [13]. D’après lui, une haute taxe sur les boissons sucrées a le potentiel d’influencer positivement le statut pondéral, spécialement pour les ménages à revenu modéré. À titre d’exemple :
    • une taxe de 20 % pourrait induire une perte de poids de 0,32 kg par personne et par an.
    • une taxe de 40 % pourrait se solder par une perte de poids de 0,59 kg par personne et par an tout en générant des revenus estimés à 2,5 milliards $, la plus grande part provenant des ménages à revenus élevés.
    • une taxe de 40 % sur les boissons sucrées coûterait en moyenne 28,48 $ par an et par foyer.
  • Une étude réalisée par l’École en santé publique Mailman de l’Université Columbia montre qu’une taxe d’un sou par once sur les boissons sucrées pourrait prévenir 145 000 cas d’obésité chez les adultes dans l’état de New York sur les dix prochaines années, 37 000 cas de diabètes de type 2 sur la même période, permettant aux résidents de l’état d’économiser environ 2 milliards $ en coût de soins de santé [14].

[1] Centers for Disease Control and Prevention (2012). Nutrition and Physical Activity Program to Prevent Obesity and Other Chronic Diseases. Repéré le 23 janvier 2013.

[2] Santé Canada (2012). Processus de transition des aliments vendus comme produits de santé naturels. Repéré le 14 janvier 2013.

[3] Santé Canada (2012). Questions et réponses : Aliments vendus comme produits de santé naturels. Repéré le 14 janvier 2013. 

[4] Santé Canada (2012). Approche de gestion des boissons énergisantes contenant de la caféine proposée par Santé Canada. Repéré le 14 janvier 2013. 

[5] Macdonald, N., Hamilton, R., Malloy, P., Moride, Y. & Shearer, J. (2010). Rapport du groupe d’experts sur les boissons énergisantes caféinées. Repéré le 14 janvier 2013.

[6] Yale Rudd Center for Food Policy and Obesity (2009). Soft drink taxes, a policy brief. Repéré le 14 janvier 2013. 

[7] New York City Health Department (2010). Sugar-sweetened Beverage Tax Toolkit. Repéré le 14 janvier 2013. 

[8] Gustavsen, G. (2005). Public Policies and the Demand for Carbonated Soft Drinks: A Censored Quantile Regression Approach. 2005 International Congress, August 23-27, 2005, Copenhagen, Denmark. European Association of Agricultural Economists. 2005. Ref Type: Abstract

[9] Lin, B. H. & Guthrie, J. F. (2007). How do low-income households respond to food prices? Economic Information Bulletin. Number 29-5, 1-4.

[10] Block, J. P., Chandra, A., McManus, K. D. & Willett, W. C. (2010). Point of purchase price and education intervention to reduce consumption of sugary soft drinks. American Journal of Public Health. Published online ahead of print June 17, 2010; e1-e7. doi:10.2105/AJPH. 2009.175687.

[11] Smith, T. A., Lin, B.-H. & Lee, J.-Y. (2010). Taxing caloric sweetened beverage: potential effects on beverage consumption, calorie intake, and obesity. United States Department of Agriculture.

[12] The Economist (2009). Waist banned - Does a tax on junk food make sense?. Repéré le 11 novembre 2011. 

[13] Finkelstein, E. A., Zhen, C., Nonnemaker, J. & Todd, J. E. (2010). Impact of Targeted Beverage Taxes on Higher- and Lower-Income Households, Arch Intern Med, Dec 13/27, 2010; 170: 2028 - 2034.

[14] Wang, Y. C. (2010). The Potential Impact of Sugar-Sweetened Beverage Taxes in New York State. A Report to the New York State Health Commissioner. Repéré le 16 avril 2012. 

Salle de presse
Événements et activités
  • 10 août 2015
    Première du documentaire « Sugar Coated »

    La première montréalaise anglophone du documentaire Sugar Coated aura lieu le 10 août prochain, au Cinéma du Parc. C'est une projection à ne pas manquer!

  • 19 novembre 2014
    Politiques publiques pour réduire la consommation de boissons sucrées et changer la norme sociale : l'expérience de la Californie

    La consommation régulière de boissons sucrées est identifiée comme étant un important facteur contribuant à l'obésité et d'autres problèmes graves de santé. Se basant sur de récentes recherches et l'expérience de la Californie, cette conférence explore les raisons de se mobiliser et d'agir sur la consommation de ces produits.

    Le Dr Harold Goldstein, directeur du California Center for Public Health Advocacy, exposera deux stratégies pouvant être mises en place, soit l'avertissement sur l'étiquette (front-of-package warning label) et la taxation des boissons avec sucre ajouté.