Une initiative parrainée par l'Association pour la santé publique du Québec

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Solutions prometteuses

Les élus municipaux peuvent avoir un impact sur la promotion d’un mode de vie physiquement actif. Il est nécessaire que les municipalités assurent des espaces et trajets sécuritaires et attrayants pour que la population soit tentée d’adopter un mode de vie physiquement actif et qu'elle soit appuyée dans le maintien de ces saines habitudes de vie. Pour ce faire, plusieurs stratégies se sont avérées efficaces et prometteuses.

Favoriser les déplacements actifs

Réduire le volume de circulation automobile

Un important volume de circulation diminue le sentiment de sécurité et décourage les déplacements et les loisirs actifs[1, 2, 3].

Il est possible de réduire la circulation automobile en[4] :

  • Améliorant l’offre et l'accès au transport collectif ;
  • Restreignant l’expansion des capacités routières.

Actions proposées :

  • Augmenter les ressources consacrées au financement du transport en commun et améliorer la qualité et l’accessibilité des services.
  • Lors des travaux de réfection des rues, intégrer des voies réservées aux transports collectifs.
  • Limiter les espaces de stationnement près des pôles d’emplois, des secteurs commerciaux et des institutions pour favoriser les usagers du transport en commun et des déplacements actifs.
  • Favoriser l’intermodalité entre les transports actifs et collectifs (ex : supports à vélos sur les autobus).

[1]  Direction de la santé publique de Montréal. (2006). "Le transport urbain, une question de santé". (Rapport annuel 2006 sur la santé de la population montréalaise). Montréal, Québec : Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Repéré le 20 juillet 2015.

[2] Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (2006). Mémoire de la Direction de santé publique sur la Charte du piéton. Assemblée nationale du Québec. Montréal : Direction de santé publique de Montréal. Secteur Environnement urbain et santé. Repéré le 12 juillet 2013.

[3]  Morency, P. (octobre 2009). "Jeunes piétons et cyclistes blessés à Montréal : problème et solutions", Communication présentée lors de la conférence de presse Les jeunes ne marchent plus pour aller à l’école - Des groupes se réunissent pour sensibiliser les municipalités à leur rôle dans le transport actif sécuritaire des enfants dans le cadre de la Semaine nationale de la sécurité scolaire, Montréal.

[4] Direction de la santé publique de Montréal. (2006). "Le transport urbain, une question de santé". (Rapport annuel 2006 sur la santé de la population montréalaise). Montréal, Québec : Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Repéré le 20 juillet 2015.

[5]  Institut national de santé publique. Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé. Connectivité et perméabilité. Repéré en ligne le 20 juillet 2015.

Diminuer la vitesse des véhicules et sécuriser les intersections

La vitesse des véhicules est un risque pour les piétons et les cyclistes [1]. L’aménagement du territoire doit se faire en prenant en compte des mesures d’apaisement de la circulation qui permettront une meilleure cohabitation des usagers de la route. C’est l’une des stratégies les plus efficaces pour réduire les traumatismes routiers et favoriser le transport actif [2].

Actions proposées

  • Réaliser des aménagements physiques (prioritairement sur les grandes artères et intersections) qui réduisent la vitesse des véhicules et les possibilités de collision entre les usagers de la route, comme les bollards et le rétrécissement des voies [3, 4]. 
  • Intégrer systématiquement des mesures d’apaisement de la circulation et des aménagements physiques favorisant le transport actif (ex : trottoir, refuge piétonnier, piste cyclable) dans la planification des projets de réfection routière.

[1], [3] Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (2006). Mémoire de la Direction de santé publique sur la Charte du piéton. Assemblée nationale du Québec. Montréal : Direction de santé publique de Montréal. Secteur Environnement urbain et santé. Repéré le 12 juillet 2013.

[2] Direction de santé publique de Montréal (2007). Pour une approche globale de la sécurité routière. Mémoire de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal sur les projets de loi no 42 et no 55 déposé à la Commission des transports et de l’environnement.

[4] Paquin S. (2008). "L’aménagement du milieu bâti et le mode de vie physiquement actif : notions de base et piste d’action", Communication présentée à l’École d’été de la Direction de la santé publique de Montréal : Montréal.

Aménager et entretenir des voies piétonnes et cyclables sécuritaires et de qualité

Dans les quartiers considérés sécuritaires par les parents, les enfants auraient cinq fois plus de chance de se rendre à l’école à pied et seraient moins à risque de présenter un surpoids [1]. De plus, des aménagements comme l’installation de bancs, la plantation d’arbres et de fleurs et un système d’éclairage encouragent la marche [2].

Actions proposées

  • Consacrer une portion du budget de voirie pour les aménagements favorables au transport actif.
  • Mieux réfléchir l’urbanisme des nouveaux développements en assurant une densité du territoire et la connectivité des rues.
  • Créer des passages pour les piétonniers et cyclistes dans les quartiers.
  • Planifier, aménager et entretenir un réseau piétonnier et cyclable sécuritaire en toutes saisons, en tenant compte des besoins de tous les usagers de la voie publique [3,4,5].
  • Sécuriser les traverses piétonnières et les intersections pour diminuer l’exposition des piétons au risque de collision avec un véhicule [6].
  • S’assurer qu’il y a suffisamment de stationnements pour vélos, situés à proximité de l’entrée des édifices ou des parcs [7].

[1] Kerr, J., Rosenberg, D., Sallis, J. F., Saelens, B. E., Frank, L. D. & Conway, T. L. (2006). "Active commuting to school: Associations with environment and parental concerns". Medicine and science in sports and exercise; 38(4): 787-794.

[2], [4], [6] Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Est-de-L'Île-de-Montréal (2015). Activité physique en milieu municipal – Stratégies. Repéré en ligne  le 20 juillet 2015.

[3], [7]  Québec en forme (2012). Pour que les jeunes adoptent les modes de transport actif. Repéré en ligne le 20 juillet 2015.

[5] Carbonneau, H. (2012). "Sommaire de l'enquête sur les pratiques en loisirs chez les 50 ans et plus". Bulletin de l'Observatoire québécois du loisir, no. 14. Repéré en ligne le 20 juillet 2015.

 

Assurer une occupation du sol compacte et multifonctionnelle

L’occupation du sol est un aspect à ne pas négliger lorsqu’il est question d’activité physique en milieu urbain. Il a été démontré que l’étalement urbain est associé à des comportements sédentaires et au surpoids [1, 2, 3, 4].

Actions proposées

  • Assurer une variété de services et différentes formes d’habitation dans les quartiers.
  • Densifier le nombre de logements, de commerces et d’emploi dans les milieux.
  • Rendre les espaces publics, les commerces, les services et les parcs facilement accessibles par des modes de transport actifs [5].
  • Accroître le nombre d’espaces verts pour favoriser la marche et la pratique d’activité physique.
  • Construire les nouvelles écoles au cœur des quartiers résidentiels.

[1],  [3], [4] Bergeron, P. & Reyburn, S. (2010). L’impact de l’environnement bâti sur l’activité physique, l’alimentation et le poids. Québec : Institut national de santé publique du Québec. Direction du développement des individus et des communautés. Repéré en ligne le 20 juillet 2015.

[2]  Paquin S. (2008). "L’aménagement du milieu bâti et le mode de vie physiquement actif : notions de base et piste d’action", Communication présentée à l’École d’été de la Direction de la santé publique de Montréal : Montréal.

[5] Québec en forme (2012). Pour que les jeunes adoptent les modes de transport actif. Repéré en ligne le 20 juillet 2015.

 

Favoriser le jeu dans la rue

Réviser les règlements municipaux pouvant entraver le jeu libre

Des règlements municipaux interdisent ou nuisent au jeu sur les voies publiques, comme les rues résidentielles et les ruelles :

  • Interdiction de jouer ou pratiquer un sport sur les voies publiques
  • Interdiction de nuisances sonores
  • Interdiction d’entraver la circulation

Même s'ils peuvent être sujets à interprétation, il suffit d’une plainte du voisinage pour que ces règlements soient appliqués par la police, qui peut alors émettre des amendes aux contrevenants et empêcher les jeunes de jouer devant chez eux. Ces règlements peuvent donc constituer un obstacle à l’activité physique dans les villes, en décourageant la pratique du jeu libre des enfants à proximité du domicile (les ruelles et les rues en étant l’extension).

Or, dans certains cas, les situations ayant autrefois conduit à l'adoption de tels règlements ne sont plus valides, par exemple, en raison du développement de la municipalité ou de la modification du contexte social et sanitaire. Dès lors, il importe de réfléchir à l’usage et à l’occupation de ces espaces publics par les enfants ainsi que la gestion globale des risques, en considérant la sédentarité dans l'équation.

Actions proposées

  • Sécuriser les rues et ruelles avec des mesures d’apaisements de la circulation sans interdire d’y jouer.
  • Identifier les rues et ruelles sécuritaires et les faire connaître aux citoyens.

Mesures réglementaires:

  • Adopter le modèle de résolution proposé par la Coalition Poids.
  • Amender ou abolir un règlement interdisant le jeu dans les ruelles et les rues.
  • Lorsque la situation le requiert, la révision de ces règlements doit être accompagnée de mesures de sécurité destinées à apaiser la circulation et à diminuer la vitesse des automobiles.
L’expérience berlinoise : accepter le bruit des enfants

En 2010, les élus de la capitale allemande ont dû réagir suite à une hausse des plaintes faites à propos du « bruit des enfants ». Des journaux rapportent que ces plaintes ont entraîné des amendes, des déménagements, l’imposition de construire des murs de béton autour des garderies et même l’interdiction de jouer à l’extérieur pendant des récréations.

Devant cette situation, les élus ont dû amender le règlement municipal sur le bruit pour préciser et reconnaître légalement que le bruit des enfants n’est pas une nuisance.
«les bruits gênants causés par les enfants sont, en tant qu'expression d'un épanouissement naturel, et maintien des possibilités de développement de l'enfant, fondamentalement et socialement adéquats et tolérables» [1]

Cette initiative est maintenant envisagée dans d’autres pays européens, dont la Suisse, confrontée à des évènements similaires.

[1] Agence France-Presse (17 février 2010). Ouf!, Les enfants Berlinois ont le droit de faire du bruit. Repéré en ligne le 20 juillet 2015.

Salle de presse
  • 20 octobre 2015
    La Coalition Poids suivra de près les engagements du Parti libéral en matière de santé

    La Coalition Poids tient à féliciter les élus et réitère son message : le gouvernement doit agir de façon urgente en prévention et en réduction des problèmes liés au poids. D’après un nouveau rapport de la Fédération mondiale de l’obésité, sans intervention gouvernementale, le taux d’obésité au Canada continuera de progresser.

Événements et activités